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Autobiographie et textualité de l’événement au XXe siècle dans les pays de langue allemande

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Françoise Lartillot and Frédéric Teinturier

Entre genèse du texte et genèse de soi s’immiscent à la fois les interprétations de soi au prisme de l’événement et de l’événement au prisme du moi, qui constituent en quelque sorte l’écriture autobiographique, celle-ci étant elle-même sous cette espèce herméneutique une forme de conquête philosophique et littéraire du 20 e siècle. Ces interactions sont d’autant plus complexes quand l’événement est en outre de nature frappante, soit que la guerre annihile toute forme d’optimisme, que la dictature nazie ainsi que ses corollaires terribles et criminels annihilent l’individu, que l’exil le prive d’un contexte culturel favorable, ou inversement que le fait de se penser comme relevant d’une marge, sexuelle, politique ou historique conduise à une torsion des formes d’expression choisies.
Ce sont ces niveaux de réflexion qui ont animé les auteurs de cet ouvrage qui se sont concentrés sur les textes en langue allemande mais ont fait aussi intervenir parfois les textes miroirs de la culture française.
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Autobiographie, histoire et écriture féminine: le cas de Karin Struck Ganz will ich sein, das ist alles

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Rodolphe DJATTI-GUINAN

Université Félix Houphouet-Boigny d’Abidjan-Cocody

En 1973, Karin Struck publie son premier roman autobiographique Klassenliebe, une œuvre hautement politique et historique, un manifeste de solidarité envers la classe ouvrière et envers la femme muselée par le silence imposé par le poids des traditions. Le contexte semble favorable à l’éclosion de la littérature féminine. En effet, les bouleversements historiques et littéraires des années soixante et soixante-dix, notamment la révolte des étudiants de mai 68, la naissance du nouveau mouvement de libération des femmes, ont conduit à une nouvelle subjectivation du moi féminin dont l’autobiographie semble être le genre le plus utilisé. L’œuvre struckienne s’inscrit également dans la dynamique de la nouvelle subjectivation féminine qui consiste à décrier et redéfinir l’image de la femme, son rapport à l’écriture et à l’histoire. A juste titre, Klassenliebe a été qualifiée par la critique de retour dans le privé, mieux: de nouvelle intériorité.

Cette observation invite à trois analyses: le paradigme réalité – fiction, les éléments de transfert entre histoire et autobiographie et enfin le lien entre autobiographie et écriture féminine stigmatisée à tort comme une écriture papillonnante superficielle et prolixe.1 ← 247 | 248 →

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