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Organisations, mouvements et partis des droites radicales au XXe siècle (Europe–Amériques)

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Olivier Dard

Après avoir abordé les droites radicales européennes et américaines contemporaines via leurs doctrinaires, vulgarisateurs et passeurs, analysé l’internationalisation de leurs supports et de leurs vecteurs, puis le caractère fédérateur d’un certain nombre de références et de thèmes, le quatrième et dernier volume du projet de recherche IDREA (Internationalisation des droites radicales Europe/Amériques) examine ces dernières sous l’angle des organisations, mouvements ou partis au 20 e siècle comme au début du 21 e et d’une réflexion sur la notion d’ « internationale noire ». Réunissant une dizaine de chercheurs français, européens, comme américains du Nord et du Sud, issus de différentes disciplines, l’ouvrage s’attache au cas de mouvements français comme l’Action française, le Mouvement Nationaliste du Progrès devenu Rassemblement Européen de la Liberté et le Front national. La seconde partie du volume est consacrée aux circulations et réemplois, envisagés dans un espace euro-Atlantique (droites radicales espagnole et argentine, Parti de l’Unité nationale du Canada d’Adrien Arcand, Wulfing Kindred états-unienne) et proprement européen (Jeune Europe, Groupes identitaires portugais).
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Le Parti de l’unité nationale du Canada d’après-guerre: un vestige de la droite radicale canadienne-française, 1949-1967

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Hugues THÉORÊT1

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Québec entre dans une période d’expansion économique accélérée. Le mode de vie traditionnel du Canada français est ainsi ébranlé. Les valeurs fondées sur la religion, la famille et la langue sont menacées par l’industrialisation et l’urbanisation. Le gouvernement de l’Union nationale de Maurice Duplessis réagit à ces changements en enfourchant le cheval de bataille de l’autonomie provinciale. Le chef de l’Union nationale joue avec habileté la carte nationaliste s’attaquant aux empiètements du gouvernement fédéral dans des champs de compétences du Québec, tout en évitant d’afficher un nationalisme contestataire comme on le retrouve au sein des troupes du Bloc populaire. Le conservatisme de Duplessis rejoint une partie de l’électorat québécois qui, dans les années 1940, demeure encore attaché aux valeurs traditionnelles.

La stratégie de l’Union nationale porte ses fruits. Aux élections provinciales du 8 août 1944, le parti de Maurice Duplessis reprend le pouvoir avec 38 % des voix, 1,3 % de moins que le Parti libéral. Mais les Unionistes ont raflé 48 des 91 sièges en jeu. Duplessis conservera le pouvoir durant les quinze années suivantes, jusqu’à sa mort en 1959. Le chef de l’Union nationale défend l’autonomie provinciale, prône un fort anticommunisme et entretient des liens étroits avec le clergé catholique et les élites traditionnelles. Son...

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