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Les États-Unis et la Société des Nations (1914–1946)

Le système international face à l’émergence d’une superpuissance

Ludovic Tournès

Bien qu’ils n’aient pas adhéré à la Société des Nations, les États-Unis ont largement participé à ses activités, jouant un rôle déterminant dans le développement des sections techniques, ancêtres des agences spécialisées de l’ONU (santé, travail, questions économiques, coopération intellectuelle). Les principaux acteurs de cette participation sont les fondations philanthropiques, notamment la Rockefeller foundation et la Carnegie endowment for international peace. Décidées à intégrer coûte que coûte les États-Unis dans le système sociétaire afin de pouvoir influer sur l’élaboration de normes internationales, les fondations sont tout au long de l’histoire de la SdN des soutiens financiers et des partenaires intellectuelles majeures. Le gouvernement américain n’est pas absent du processus : comprenant l’intérêt de ne pas rester aux portes de l’organisation internationale, il envoie des experts dans les multiples commissions créées par la SdN et soutient discrètement l’activité des fondations. La participation américaine, officieuse mais massive, contribue ainsi à remodeler dès l’entre-deux-guerres le système international.
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On épargnera au lecteur l’énumération fastidieuse des quelque 350 cartons d’archives dépouillés au cours de cette recherche. Sont indiqués ici les grands fonds consultés, ainsi que les séries et sous-séries principalement utilisées, et l’abréviation utilisée dans les notes pour désigner le fonds. Le détail des cotes d’archives se trouve dans les notes de bas de page.

1.    Fondation Rockefeller (Rockefeller Archive Center, Pocantico Hills)

Les archives de la fondation Rockefeller sont divisées en Record Groups (RG), eux-mêmes divisés en séries, correspondant à des aires géographiques ou à des pays. On a avant tout utilisé ici les Record Group 1 (projets) et 2 (correspondance générale), dans lesquels la série la plus consultée a été la série 100 portant sur les questions internationales. Mais on a aussi utilisé les séries 200 (États-Unis), ainsi que les séries de quelques pays européens : 705 (Autriche), 712 (Tchécoslovaquie), 713 (Danemark), 789 (Pologne). Les Record Group 3 (administration et politique générale), 5 (rapports) et 6 (bureau parisien de la fondation) ont été également utilisés. Les cotes d’archives ont été référencées de la manière suivante dans les notes de bas de page : RF Record group/série/boite/dossier. Exemple : la référence « Rockefeller Foundation Archives Record Group 1.1, série 100, boite 25, dossier 246 » a été notée RF 1.1/100/25/246....

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