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Lorsque le brouillard a cessé de nous écouter

Changement climatique et migrations chez les Q’eros des Andes Péruviennes

Geremia Cometti

Envisager le changement climatique du point de vue des acteurs qui en subissent les effets, tel est le pari de cet ouvrage. Les Q’eros forment une communauté transhumante établie dans la région de Cuzco (Pérou) dont la production agricole et le bétail sont significativement affectés par le changement climatique, notamment la variation du régime des pluies. Depuis une dizaine d’années, un nombre croissant de Q’eros migrent, principalement vers la ville de Cuzco. À partir d’enquêtes ethnographiques effectuées entre 2011 et 2014, cet ouvrage démontre la nécessité d’analyser la manière dont une société se représente le changement climatique afin de comprendre les interactions entre migrations et changement climatique. Par le biais d’une analyse des discours et des pratiques que les Q’eros maintiennent avec et au sein de leur environnement, cette étude révèle que la dichotomie nature–culture sur laquelle reposent les études conventionnelles des effets du changement climatique ne permet pas de rendre compte de la manière dont les Q’eros se représentent le changement climatique.
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Conclusion : Par-delà changement climatique et migrations

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Conclusion :Par-delà changement climatique et migrations

À travers mon parcours sur le flanc des montagnes encore quelque peu enneigées de la Nación Q’ero, j’ai cherché à mettre en évidence la complexité du lien entre les Q’eros et leur univers social afin de mieux saisir leur représentation du changement climatique. Après avoir présenté les caractéristiques principales de leur cosmologie, leurs perceptions et leurs interprétations du changement climatique, ainsi que les relations de réciprocité qu’ils entretiennent avec les entités non humaines, il est temps de revenir à l’analyse de la relation entre le changement climatique et la migration des Q’eros, la raison initiale qui a animé mes recherches dans les Andes péruviennes.

Tout au long de cet ouvrage, j’ai souligné la nécessité de tenir compte de la représentation du changement climatique des Q’eros afin de comprendre la relation entre leur migration et le changement climatique. À cet égard, j’ai critiqué les études migratoires qui s’insèrent dans une ontologie naturaliste et montré la nécessité d’enrichir les analyses en intégrant le point de vue des populations locales. Pour cela, il convient de partir d’un constat fondamental partagé par les deux types d’ontologie – naturaliste et analogique – à savoir qu’au-delà de la manière de représenter le changement du climat, du type de relations que les humains entretiennent avec celui-ci, ou de la manière dont ils le nomment, il y a bien des manifestations qui le traduisent. Les Q’eros comme...

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