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Le sacré dans la littérature contemporaine : expériences et références

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Myriam Watthée-Delmotte and Aude Bonord

Cet ouvrage propose d’analyser les articulations entre la spiritualité et la littérature à la fois en tant qu’émergence du sujet et constitution d’une communauté symbolique. D’une part il rend justice, dans les lettres contemporaines, à la variété des formes d’expression du sacré, de la présence d’un invisible au-delà du visible, ou du surnaturel ; d’autre part il observe comment la littérature s’inscrit d’une manière singulière dans le patrimoine immatériel marqué par les traditions religieuses. Cette réalité complexe se configure d’une manière différente au sein de l’histoire littéraire et culturelle française, anglo-américaine et hispano-américaine, qui sont les trois territoires textuels et contextuels ici évoqués.
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L’écrivain en figure d’absolu. À propos des écrits autobiographiques de Pierre Guyotat

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AUDE BONORD1

Pierre Guyotat est surtout connu comme un auteur à scandale, celui de Tombeau pour cinq cent mille soldats (1967) qu’il qualifie lui-même de « défi à la morale »2 et celui d’Éden,Éden,Éden (1970), préfacé par Roland Barthes, Philippe Sollers et Michel Leiris, censuré par le Ministère de l’Intérieur. Dans ses écrits autobiographiques, Coma (2006) etFormation (2007), nettement postérieurs à son inscription dans l’avant-garde du groupe Tel Quel, se dévoile une tout autre facette de l’écrivain, fortement imprégnée de culture catholique, loin donc de la « vision décivilisée »3 de ses autres écrits. Si Guyotat n’est pas un écrivain catholique, au sens propre et figuré, il compte la perte de la foi parmi « ce qui désole le plus l’existence et la rend difficilement vivable »4. Bien avant même de se lancer dans l’écriture de soi, il insistait : « Athéisme et laïcité me sont étrangers, étrangers. […] Encore une fois, il est impossible de penser – mais humain et non-humain sont-ils pensables ? – avec quelque force l’humain sans ce non-humain qui le traverse visiblement et le fait se mouvoir, se tenir debout. » Il regrette ainsi la « défection du christianisme comme force très ancienne mais tellement prodigieuse de pensée et d’art »5. ← 33 | 34 → C’est manifestement cette force qu’il ravive dans Coma6 et encore davantage dans Formation7. Quel rôle peut alors jouer le mythe biblique et les récits hagiographiques, qu’il ne...

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