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Récit national et imaginaires identitaires au double prisme du « bilinguisme » et de la « migration »

Une autre lecture des dynamiques de cohabitation dans deux petites communes suisses

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Josianne Veillette

Renversant les perspectives d’analyses habituelles sur le bilinguisme et la migration, souvent dissociées, l’auteure de cet ouvrage propose une lecture des rapports entre groupes germanophones et francophones, en l’articulant avec « l’intégration des étrangers », notamment par la langue, dans deux collectivités. Pour mener à bien son enquête qualitative, elle étudie les modes de cohabitation dans des communes, ni rurales, ni urbaines, mais rurbaines, postulant que leur petite taille engendre des contacts plus fréquents entre les « locaux » mais rendent également les « étrangers » plus visibles, même ceux installés depuis longtemps. Elle compare ces processus dans deux communes « bilingues » du Canton de Fribourg où le rapport minorité / majorité est inversé. Elle tente de voir si ces contacts entre groupes linguistiques majoritaires et minoritaires engendrent des dynamiques relationnelles particulières et si les représentations mutuelles sur l’autre groupe national et sa langue ont un impact – et lequel – sur le rapport non seulement à « l’autre étranger du dedans » mais aussi sur les processus d’insertion sociolangagiers de « l’autre étranger du dehors ». C’est à travers ce double prisme que l’auteure a pu appréhender l’articulation entre récit national et langues, participant à la cohésion sociale et politique, identifier les imaginaires identitaires en circulation, alimentant des tensions entre « autochtones », entre « autochtones » et « étrangers », ces derniers dont les langues sont enfouies, voire absentes, dans ce plurilinguisme officiel.
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Conclusion

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L’entrée en vigueur de la Loi fédérale sur les étrangers (LEtr) en 2008 et le principe que les étrangers devaient dorénavant « s’intégrer par la langue », nous ont amenée à nous interroger sur les processus d’insertion sociolangagiers des personnes qui ont connu la migration qui habitent dans des petites communes bi-plurilingues. Nous nous sommes en effet demandé quels pouvaient bien être leur « choix » entre les langues locales – s’ils avaient même un « choix » à faire – et comment pouvait être perçue leur présence dans des petites communes rurbaines, puisque nous postulions que les contacts entre les habitants étaient plus étroits ou plus prégnants dans ces milieux que dans des villes. Or, si nous nous intéressions à la façon dont étaient vécus les rapports entre « Suisses » et « étrangers », sur la manière dont on se représentait les « étrangers » dans ces communes, nous cherchions également à connaître la manière dont les « Suisses » se percevaient eux-mêmes : nous estimions en effet qu’en jetant un regard sur la perception de « l’étranger », nous arriverions à définir son contraire, c’est-à-dire « l’autochtone ». Nous voulions donc embrasser le mode d’organisation de la cohabitation de ces différents groupes d’acteurs amenés à se côtoyer dans ces contextes communaux, les représentations des uns et des autres sur les uns et les autres mais également les processus d’acquisition en langues des personnes de nationalité étrangère dans ces communes bi-plurilingues.

Nous sommes donc all...

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