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Récit national et imaginaires identitaires au double prisme du « bilinguisme » et de la « migration »

Une autre lecture des dynamiques de cohabitation dans deux petites communes suisses

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Josianne Veillette

Renversant les perspectives d’analyses habituelles sur le bilinguisme et la migration, souvent dissociées, l’auteure de cet ouvrage propose une lecture des rapports entre groupes germanophones et francophones, en l’articulant avec « l’intégration des étrangers », notamment par la langue, dans deux collectivités. Pour mener à bien son enquête qualitative, elle étudie les modes de cohabitation dans des communes, ni rurales, ni urbaines, mais rurbaines, postulant que leur petite taille engendre des contacts plus fréquents entre les « locaux » mais rendent également les « étrangers » plus visibles, même ceux installés depuis longtemps. Elle compare ces processus dans deux communes « bilingues » du Canton de Fribourg où le rapport minorité / majorité est inversé. Elle tente de voir si ces contacts entre groupes linguistiques majoritaires et minoritaires engendrent des dynamiques relationnelles particulières et si les représentations mutuelles sur l’autre groupe national et sa langue ont un impact – et lequel – sur le rapport non seulement à « l’autre étranger du dedans » mais aussi sur les processus d’insertion sociolangagiers de « l’autre étranger du dehors ». C’est à travers ce double prisme que l’auteure a pu appréhender l’articulation entre récit national et langues, participant à la cohésion sociale et politique, identifier les imaginaires identitaires en circulation, alimentant des tensions entre « autochtones », entre « autochtones » et « étrangers », ces derniers dont les langues sont enfouies, voire absentes, dans ce plurilinguisme officiel.
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Chapitre 5: Représentations de la cohabitation quotidienne entre les différents acteurs sociaux par les germanophones de la Commune F

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Chapitre 5

Représentations de la cohabitation quotidienne entre les différents acteurs sociaux par les germanophones de la Commune F

5.1    Une cohabitation entre des communautés linguistiques « harmonieuse » et francophone

Les germanophones de la Commune F précisent que c’est avec la fusion de deux communes que les deux groupes linguistiques se sont mis à travailler ensemble et que la politique communale s’est orientée vers la promotion du bilinguisme, notamment parce qu’elle se situe à la frontière des langues :

Il faut relever un point quand même : [la Commune F] on a fusionné en [XXX] avec la [Commune X]. A [la Commune X], ça parlait plus l’allemand, et [dans la Commune F], principalement le français. Et c’était un vœu, pour la fusion, qu’on intègre ça, dans la nouvelle administration, dans la nouvelle commune, justement ce bilinguisme. C’est un vœu politique, une décision, au niveau de l’étude de fusion et aussi une volonté politique au niveau des conseils […]. Tout a été rassemblé ici, [à la Commune F]. Avant la fusion, […], on avait deux administrations et la partie [Commune X] c’était plus axé sur le bilinguisme que nous [la Commune F]. Mais vraiment depuis [XXX] on a intensifié cela. ALEXANDER

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