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Récit national et imaginaires identitaires au double prisme du « bilinguisme » et de la « migration »

Une autre lecture des dynamiques de cohabitation dans deux petites communes suisses

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Josianne Veillette

Renversant les perspectives d’analyses habituelles sur le bilinguisme et la migration, souvent dissociées, l’auteure de cet ouvrage propose une lecture des rapports entre groupes germanophones et francophones, en l’articulant avec « l’intégration des étrangers », notamment par la langue, dans deux collectivités. Pour mener à bien son enquête qualitative, elle étudie les modes de cohabitation dans des communes, ni rurales, ni urbaines, mais rurbaines, postulant que leur petite taille engendre des contacts plus fréquents entre les « locaux » mais rendent également les « étrangers » plus visibles, même ceux installés depuis longtemps. Elle compare ces processus dans deux communes « bilingues » du Canton de Fribourg où le rapport minorité / majorité est inversé. Elle tente de voir si ces contacts entre groupes linguistiques majoritaires et minoritaires engendrent des dynamiques relationnelles particulières et si les représentations mutuelles sur l’autre groupe national et sa langue ont un impact – et lequel – sur le rapport non seulement à « l’autre étranger du dedans » mais aussi sur les processus d’insertion sociolangagiers de « l’autre étranger du dehors ». C’est à travers ce double prisme que l’auteure a pu appréhender l’articulation entre récit national et langues, participant à la cohésion sociale et politique, identifier les imaginaires identitaires en circulation, alimentant des tensions entre « autochtones », entre « autochtones » et « étrangers », ces derniers dont les langues sont enfouies, voire absentes, dans ce plurilinguisme officiel.
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Chapitre 13: Représentations de la Suisse, des communautés linguistiques et des étrangers par les francophones de la Commune G

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Chapitre 13

Représentations de la Suisse, des communautés linguistiques et des étrangers par les francophones de la Commune G

13.1  Des figures helvétiques particulières

Pour ces francophones de la Commune G, les traits caractéristiques suisses sont à la fois dévalorisants et valorisants. Tout d’abord, lorsque l’on compare la Suisse avec la France, les commentaires ont plutôt tendance à déprécier le pays ou ses habitants. Qu’ils soient perçus comme des gens qui sont « ancrés dans leurs traditions » [IRIS], qui ont un « esprit de clocher » [JÉRÉMIE], qui sont « patriotiques » ou « conservateur[s] » [LAURE], les Suisses ou la Suisse font l’objet d’une certaine dévalorisation :

[Les Suisses] c’est quand même des gens, pas rigides, pas strictes, mais elles [sic] sont quand même, elles ont de la peine un p’tit peu à, j’dis à s’échapper des fois, à sortir un petit peu des sentiers battus, je trouve. Quand je vois par exemple, moi j’sais pas, les Français, les gens latins quoi, ils sont un peu plus heu, comment on dit, cool et tout, un peu plus relaxes tout ça pis les Suisses je trouve quand même un peu moins, moins, […]. IRIS

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