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Récit national et imaginaires identitaires au double prisme du « bilinguisme » et de la « migration »

Une autre lecture des dynamiques de cohabitation dans deux petites communes suisses

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Josianne Veillette

Renversant les perspectives d’analyses habituelles sur le bilinguisme et la migration, souvent dissociées, l’auteure de cet ouvrage propose une lecture des rapports entre groupes germanophones et francophones, en l’articulant avec « l’intégration des étrangers », notamment par la langue, dans deux collectivités. Pour mener à bien son enquête qualitative, elle étudie les modes de cohabitation dans des communes, ni rurales, ni urbaines, mais rurbaines, postulant que leur petite taille engendre des contacts plus fréquents entre les « locaux » mais rendent également les « étrangers » plus visibles, même ceux installés depuis longtemps. Elle compare ces processus dans deux communes « bilingues » du Canton de Fribourg où le rapport minorité / majorité est inversé. Elle tente de voir si ces contacts entre groupes linguistiques majoritaires et minoritaires engendrent des dynamiques relationnelles particulières et si les représentations mutuelles sur l’autre groupe national et sa langue ont un impact – et lequel – sur le rapport non seulement à « l’autre étranger du dedans » mais aussi sur les processus d’insertion sociolangagiers de « l’autre étranger du dehors ». C’est à travers ce double prisme que l’auteure a pu appréhender l’articulation entre récit national et langues, participant à la cohésion sociale et politique, identifier les imaginaires identitaires en circulation, alimentant des tensions entre « autochtones », entre « autochtones » et « étrangers », ces derniers dont les langues sont enfouies, voire absentes, dans ce plurilinguisme officiel.
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Chapitre 14: Représentations de la cohabitation quotidienne entre les différents acteurs sociaux par les francophones de la Commune G

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Chapitre 14

Représentations de la cohabitation quotidienne entre les différents acteurs sociaux par les francophones de la Commune G

14.1  Une cohabitation entre des communautés linguistiques bilingues à majorité germanophone

Cette région bilingue et cette commune bilingue sont d’abord globalement présentées comme des espaces qui sont un atout pour ses habitants. Cette zone bilingue est en effet pensée comme un environnement qui facilite l’apprentissage des langues : parce qu’il y a le français et l’allemand, les gens qui y habitent apprennent facilement ou encore maîtrisent les deux langues [CHRISTOPHE et ARIANE]. Zone de transition des langues, les gens s’adaptent les uns aux autres par habitude [MATHILDE]. Ces contacts sont une « richesse » [LAURE et CHRISTOPHE] et présentent un très grand atout, notamment au travail. Les problèmes entre les groupes linguistiques sont en outre moins importants dans ces espaces bilingues qu’ailleurs : plus on s’éloigne de cette zone de contacts, plus il y a des problèmes [JÉRÉMIE]. Dans cette région bilingue ouverte vers l’allemand, il est nécessaire de connaître cette langue, particulièrement pour le travail :

Mais je crois qu’on constate, qu’on constate, très clairement, que ces gens qui vivent dans ces régions bilingues, une bonne partie a une bonne maîtrise des deux langues. J’pense que c’est un avantage qui est, considérable. Ça on le voit aussi très bien dans le cadre de...

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