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Récit national et imaginaires identitaires au double prisme du « bilinguisme » et de la « migration »

Une autre lecture des dynamiques de cohabitation dans deux petites communes suisses

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Josianne Veillette

Renversant les perspectives d’analyses habituelles sur le bilinguisme et la migration, souvent dissociées, l’auteure de cet ouvrage propose une lecture des rapports entre groupes germanophones et francophones, en l’articulant avec « l’intégration des étrangers », notamment par la langue, dans deux collectivités. Pour mener à bien son enquête qualitative, elle étudie les modes de cohabitation dans des communes, ni rurales, ni urbaines, mais rurbaines, postulant que leur petite taille engendre des contacts plus fréquents entre les « locaux » mais rendent également les « étrangers » plus visibles, même ceux installés depuis longtemps. Elle compare ces processus dans deux communes « bilingues » du Canton de Fribourg où le rapport minorité / majorité est inversé. Elle tente de voir si ces contacts entre groupes linguistiques majoritaires et minoritaires engendrent des dynamiques relationnelles particulières et si les représentations mutuelles sur l’autre groupe national et sa langue ont un impact – et lequel – sur le rapport non seulement à « l’autre étranger du dedans » mais aussi sur les processus d’insertion sociolangagiers de « l’autre étranger du dehors ». C’est à travers ce double prisme que l’auteure a pu appréhender l’articulation entre récit national et langues, participant à la cohésion sociale et politique, identifier les imaginaires identitaires en circulation, alimentant des tensions entre « autochtones », entre « autochtones » et « étrangers », ces derniers dont les langues sont enfouies, voire absentes, dans ce plurilinguisme officiel.
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Chapitre 18: Identification des références identitaires et des dynamiques relationnelles des acteurs ayant connu la migration de la Commune G

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Chapitre 18

Identification des références identitaires et des dynamiques relationnelles des acteurs ayant connu la migration de la Commune G

18.1  Des Suisses identifiés par la différenciation

Tel que nous l’avons évoqué pour les personnes de nationalité étrangère habitant la Commune F, nous devons garder à l’esprit que ces personnes, même si elles nous font part de leurs représentations de ce qu’est un Suisse ou la Suisse, c’est en tant que personnes ayant connu la migration qu’elles s’adressent à nous : nous pouvons en effet faire ressortir, à travers leurs regards sur leurs propres expériences en tant qu’individus ayant eu ou ayant encore le statut juridique d’étranger et donc, de leurs liens avec les membres de la population locale.

En termes d’immigration, les Etats examinent la question sous forme de « coûts » et de « profits » et la présence de personnes étrangères sur le sol national n’a souvent de valeur que si les profits qu’elle génère dépassent ses coûts ou, du moins, si ceux-ci ne dépassent pas les profits [Sayad, 1999 : 118]. Cette façon de considérer les coûts agira alors assurément sur l’investissement (financier, institution(s) disponible(s), formation à la fois des acteurs impliqués dans le processus d’insertion et des personnes étrangères, etc.) de la collectivité locale dans le processus d’adaptation des étrangers. Mais cela dépendra aussi de l’idée que l’on se fait...

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