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Enjeux identitaires en mutation

Europe et bassin méditerranéen

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Edited By John Tolan, Hassen El Annabi, Benaouda Lebdai and Franck Laurent

Les travaux réunis ici sont les fruits de deux rencontres entre chercheurs tunisiens et français : la première au Centre d’Etudes et de Recherches Economiques et Sociales de Tunis à Tunis en mai 2010 et la deuxième à la Maison des Sciences de l’Homme Ange Guépin à Nantes en juin 2011.
Le concept d’une « identité » nationale ou ethnique (et l’assimilation de l’une à l’autre) est bâti, en particulier au XIX e siècle en Europe, sur la base des histoires de « nations » dont on cherchait les origines dans l’antiquité. Certains des travaux réunis ici mettent en lumière les processus de constructions d’identités nationales au XIX e siècle, que ce soit l’idée les visions nationalistes de l’histoire française, ou la tension, dans la Tunisie du protectorat, entre identité « nationale » tunisienne, identités arabes ou musulmanes, et la réalité du protectorat français. Ce sont les moments d’implosion ou de démantèlement de grandes unités transnationales qui exige un travail sur des identités nationales soit nouvelles, soit anciennes mais remises au goût du jour et revêtues d’une importance accrue : la décolonisation, puis l’implosion de l’URSS ont donné lieu à de nouvelles constructions identitaires plus ou moins solides. Si en France comme en Tunisie des questions d’« identité » politique, nationale, religieuse, font l’objet d’interrogations et de polémiques, les essais réunis ici nous permettent de prendre du recul et de mettre ces phénomènes en perspective.
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Richelieu, « Le plus grand des révolutionnaires ? » (Charles Péguy): Caroline Julliot

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Richelieu1, « Le plus grand des révolutionnaires ? » (Charles Péguy)

Caroline JULLIOT

Quand sommes-nous devenus, comme le dit Marcel Gauchet, « métaphysiquement démocrates2 » ? Autrement dit, quand avons-nous « été soustraits, sans nous en rendre compte, à la force d’attraction qui continuait à nous tenir dans l’orbite du divin, même de loin3 » ? A quel moment de notre Histoire l’idée d’Etat, séparée de la bénédiction catholique qui lui conférait un sens absolu (« la France, fille aînée de l’Eglise »), a-t-elle tenu lieu de ciment à l’identité nationale ? La grande rupture en ce domaine a bien sûr été la Révolution de 1789. Mais, après ce grand bouleversement, les romantiques ont cherché dans les siècles précédents les prémisses de ce basculement historique irréversible dans la conception du politique.

Ainsi, dans le portrait à charge contre Richelieu qu’il dresse dans son roman Cinq-Mars, Vigny institue le Cardinal en précurseur de 1789 – interprétation pour le moins audacieuse, que saluera Charles Péguy un siècle après :

Un homme comme Richelieu était un révolutionnaire, le plus grand des révolutionnaires. Vigny avait parfaitement vu […] que le commencement de la Révolution remonte au moins à Richelieu4. ← 97 | 98 →

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