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Enjeux identitaires en mutation

Europe et bassin méditerranéen

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Edited By John Tolan, Hassen El Annabi, Benaouda Lebdai and Franck Laurent

Les travaux réunis ici sont les fruits de deux rencontres entre chercheurs tunisiens et français : la première au Centre d’Etudes et de Recherches Economiques et Sociales de Tunis à Tunis en mai 2010 et la deuxième à la Maison des Sciences de l’Homme Ange Guépin à Nantes en juin 2011.
Le concept d’une « identité » nationale ou ethnique (et l’assimilation de l’une à l’autre) est bâti, en particulier au XIX e siècle en Europe, sur la base des histoires de « nations » dont on cherchait les origines dans l’antiquité. Certains des travaux réunis ici mettent en lumière les processus de constructions d’identités nationales au XIX e siècle, que ce soit l’idée les visions nationalistes de l’histoire française, ou la tension, dans la Tunisie du protectorat, entre identité « nationale » tunisienne, identités arabes ou musulmanes, et la réalité du protectorat français. Ce sont les moments d’implosion ou de démantèlement de grandes unités transnationales qui exige un travail sur des identités nationales soit nouvelles, soit anciennes mais remises au goût du jour et revêtues d’une importance accrue : la décolonisation, puis l’implosion de l’URSS ont donné lieu à de nouvelles constructions identitaires plus ou moins solides. Si en France comme en Tunisie des questions d’« identité » politique, nationale, religieuse, font l’objet d’interrogations et de polémiques, les essais réunis ici nous permettent de prendre du recul et de mettre ces phénomènes en perspective.
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La question identitaire dans les « portraits » d’Albert Memmi : Portrait du colonisateur et Portrait du colonisé ; Portrait du décolonisé: Franck Laurent

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La question identitaire dans les « portraits » d’Albert Memmi : Portrait du colonisateur et Portrait du colonisé ; Portrait du décolonisé

Franck LAURENT

Je vais surtout faire part d’une perplexité. Quand j’ai commencé à réfléchir à cet article, j’avais d’abord l’intention d’étudier les éléments et les relations identitaires mis au jour par Albert Memmi dans trois textes, Portrait du colonisateur et Portrait du colonisé (écrits à Tunis et à Paris en 1955 et 1956, publiés ensemble en 19571), et Portrait du décolonisé, publié en 20042. Or, sans renoncer totalement à ce projet initial, je me suis bientôt aperçu que mon principal sujet d’étonnement était un peu différent et que je ne parvenais pas à me défaire d’une impression de lecture mitigée, malcommode et dont il fallait décidément essayer de rendre compte. Cette impression, la voici : pourquoi, alors que le diptyque de 1957 continue, encore aujourd’hui et après des lectures multiples, de s’imposer comme une démonstration, presque une révélation, rigoureuse autant qu’implacable, de l’impasse coloniale, l’essai de 2004, lui, peine à s’extraire de la masse des discours d’opinion, plus ou moins pertinents, mais toujours marqué au coin de l’arbitraire, voire de la gratuité – de ces essais que tel lecteur brandira comme autorité et que tel autre dédaignera comme bavardage ?

Mais, dira-t-on, qu’importe ? Il y a dans la carrière de tout écrivain, de tout intellectuel, des hauts et des bas et point n’est besoin de...

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