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Eclats d’Autriche

Vingt études sur l’image de la culture autrichienne aux XXe et XXIe siècles

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Edited By Valérie de Daran and Marion George

L’Autriche n’est plus seulement « ce qui reste », à savoir un pays nostalgique d’une grandeur passée souvent idéalisée. Elle n’est pas non plus le terreau exclusif de la littérature dite « négativiste ». Innovante et audacieuse, soucieuse de se démarquer de son voisin allemand, ouverte plus que d’autres pays d’Europe aux influences centre-européennes, elle s’invente sans cesse par les échanges qu’elle tisse avec l’extérieur. Quels reflets projette-t-elle de son identité littéraire et culturelle ? Comment ces images sont-elles accueillies et fixées par ses partenaires européens, la France en particulier ? Et comment se sont-elles modifiées au fil de l’Histoire de la seconde moitié du XX e et du début du XXI e siècle ? Des germanistes, des romanistes, des spécialistes des domaines filmique et artistique analysent dans ce livre la réception de la création autrichienne dans une perspective historique, sociologique et esthétique. Ils éclairent les multiples facettes culturelles d’un pays qui fraye volontiers avec l’altérité et apporte une contribution non négligeable à la vie artistique européenne.
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Présence et non-présence de l’auteur. Mise en scène de l’écrivain dans les textes de Werner Kofler: Bernard Banoun

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Bernard BANOUN

On pourrait partir d’un calembour entre Autriche et auteur/autrice, entre austriacité et autorité (ou auctorialité) pour justifier de s’interroger sur la position et la représentation de l’auteur chez un écrivain autrichien contemporain. Ce moyen d’accès ne serait sans doute pas suffisant scientifiquement; il aurait du moins un caractère mimétique – toute modestie mise à part – si l’on songe à l’écriture de Werner Kofler ou, plus encore, à celle de sa presque exacte contemporaine Elfriede Jelinek. Les deux écrivains usent de paronomases, métathèses, allitérations, assonances et jeux de mots divers, non seulement à des fins ornementales mais aussi analytiques et éthiques, parce que la langue elle-même, par son fonctionnement même, par les associations qu’elle offre, dévoile une certaine vérité. Il n’en reste pas moins que la question de l’auteur autrichien dans le contexte de la littérature de langue allemande peut se poser. On ne reviendra pas ici sur les innombrables débats relatifs à la spécificité d’une littérature autrichienne, à l’espace géographique et géopolitique concerné (qui varie avec les époques), à une essence supposée.1 On se souviendra en revanche que le syntagme «de langue» a bien souvent été omis: des histoires de la littérature «allemande» incluent implicitement des auteurs autrichiens (et suisses, entre autres), en se préoccupant plus ou moins, selon les cas, du champ littéraire autrichien en tant que tel. De ce point de vue, la qualification d’auteur n’est guère mise en...

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