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Entre linguistique et anthropologie

Observations de terrain, modèles d’analyse et expériences d’écriture

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Edited By Danielle Londei and Laura Santone

A distance de plus d’un demi-siècle de la célèbre Conférence des Linguistes et des Anthropologues (1952), qui souda officiellement les liens entre Jakobson et Lévi-Strauss en inaugurant un nouveau tournant épistémologique, cet ouvrage se propose de vérifier, d’une part, si le débat entre linguistes, anthropologues, mais aussi spécialistes de la communication, se poursuit, et, d’autre part, d’identifier les différentes modalités selon lesquelles la dimension linguistique et la dimension culturelle se rejoignent, s’opposent ou se croisent encore aujourd’hui. Dans le paysage « globalisé » de notre temps, quels nouveaux éclairages peuvent nous offrir ces deux champs? Les contributions à ce collectif configurent une perspective réflexive qui met au jour la pluralité des points de vue et des postures d’observation, des modèles d’analyse et des expériences d’écriture engendrant des pratiques tout aussi diversifiées d’interprétation, de traduction et de négociation du sens entre des médiateurs de langage. Ces « lectures du monde » nous engagent à maintenir le dialogue entre linguistes et anthropologues en termes de nécessité interdisciplinaire et à le concevoir comme un instrumentheuristique de recherche indispensable à l’appréhension de processus sociaux, langagiers et culturels complexes que les chercheurs se donnent pour tâche commune de comprendre et de faire comprendre.
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L’anthropologie. Entre réalisme conceptuel et fiction narrative: Mondher Kilani

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MONDHER KILANI

Université de Lausanne

Une question épistémologique de taille qui se pose à l’anthropologie concerne son statut véridictionnel. Il s’agit de savoir comment cette discipline effectue ses constructions et se donne les moyens de les vérifier. Par quels moyens épistémologiques et par quels procédés rhétoriques, une description anthropologique gagne en crédibilité, une interprétation est convaincante ? Une telle interrogation sera traitée sous plusieurs angles : quel est le statut de l’observation en anthropologie ? Quelles sont les conditions de production du témoignage ? Qu’en est-il de l’administration de la preuve ? Qu’en est-il de la rhétorique de la conviction ? Qu’en est-il de la textualisation et de son rapport à la fiction ? Enfin qu’en est-il de la catégorisation et du concept en anthropologie ?

Les principales conclusions auxquelles aboutissent ces diverses interrogations consistent, d’une part à reconnaître à la preuve une matrice rhétorique (la preuve, en effet, peut bien être réelle, elle ne demande pas moins à être mise en discours), et de l’autre à éviter l’idéalisation des concepts (les concepts, en effet, ne correspondent pas à des états mentaux fixes, ils existent à travers les connexions qui règlent leur emploi), une telle posture résultant elle-même d’une conception positiviste de la réalité. Pour mon argumentation, je me servirai de l’exemple du cannibalisme tel qu’il a été traité dans la littérature anthropologique et tel que je l’ai soumis moi-même à une lecture critique (Kilani 2009 et 2010)...

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