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Entre linguistique et anthropologie

Observations de terrain, modèles d’analyse et expériences d’écriture

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Danielle Londei and Laura Santone

A distance de plus d’un demi-siècle de la célèbre Conférence des Linguistes et des Anthropologues (1952), qui souda officiellement les liens entre Jakobson et Lévi-Strauss en inaugurant un nouveau tournant épistémologique, cet ouvrage se propose de vérifier, d’une part, si le débat entre linguistes, anthropologues, mais aussi spécialistes de la communication, se poursuit, et, d’autre part, d’identifier les différentes modalités selon lesquelles la dimension linguistique et la dimension culturelle se rejoignent, s’opposent ou se croisent encore aujourd’hui. Dans le paysage « globalisé » de notre temps, quels nouveaux éclairages peuvent nous offrir ces deux champs? Les contributions à ce collectif configurent une perspective réflexive qui met au jour la pluralité des points de vue et des postures d’observation, des modèles d’analyse et des expériences d’écriture engendrant des pratiques tout aussi diversifiées d’interprétation, de traduction et de négociation du sens entre des médiateurs de langage. Ces « lectures du monde » nous engagent à maintenir le dialogue entre linguistes et anthropologues en termes de nécessité interdisciplinaire et à le concevoir comme un instrumentheuristique de recherche indispensable à l’appréhension de processus sociaux, langagiers et culturels complexes que les chercheurs se donnent pour tâche commune de comprendre et de faire comprendre.
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Soi en question et soi raconté. Les influences de la pratique spirituelle sur la pratique autobiographique: Mauro Peressini

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MAURO PERESSINI

Musée canadien des civilisations, Gatineau (Québec)

Les pages qui suivent proposent une analyse comparative de deux corpus de récits de vie qui illustre les possibles influences que peut avoir une pratique spirituelle sur la pratique autobiographique.

Le premier corpus est constitué d’une soixantaine de récits recueillis au milieu des années 1980, auprès d’immigrants italiens provenant de quelques villages voisins de Calabre et arrivés à Montréal (Canada) dans les années 1950 et 60. Ils servaient de base à une recherche (Peressini 1992) dont le point de départ théorique était la relation indissoluble entre sujet et pouvoir telle que décrite par Michel Foucault (1984). Tant dans le champ du savoir de l’époque, dominé par les études ethniques, que dans le champ politique, marqué par le multiculturalisme canadien, il semblait alors aller de soi d’adopter la catégorie ethno-nationale – dans ce cas-ci « Italiens » ou « Italo-Canadiens » – pour constituer des populations en objets d’étude ou d’observation, sans que cette construction identitaire ne soit problématisée. Partant du principe que toute subjectivation implique une relation de pouvoir où celui sur lequel elle s’exerce est bien « reconnu et maintenu jusqu’au bout comme sujet d’action » et donc capable de produire « tout un champ de réponses, réactions, effets, inventions possibles » (Foucault 1984 : 313), l’un de mes objectifs consistait à examiner comment les récits de vie pouvaient témoigner, dans leur forme et leur contenu, de la...

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