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Entre linguistique et anthropologie

Observations de terrain, modèles d’analyse et expériences d’écriture

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Danielle Londei and Laura Santone

A distance de plus d’un demi-siècle de la célèbre Conférence des Linguistes et des Anthropologues (1952), qui souda officiellement les liens entre Jakobson et Lévi-Strauss en inaugurant un nouveau tournant épistémologique, cet ouvrage se propose de vérifier, d’une part, si le débat entre linguistes, anthropologues, mais aussi spécialistes de la communication, se poursuit, et, d’autre part, d’identifier les différentes modalités selon lesquelles la dimension linguistique et la dimension culturelle se rejoignent, s’opposent ou se croisent encore aujourd’hui. Dans le paysage « globalisé » de notre temps, quels nouveaux éclairages peuvent nous offrir ces deux champs? Les contributions à ce collectif configurent une perspective réflexive qui met au jour la pluralité des points de vue et des postures d’observation, des modèles d’analyse et des expériences d’écriture engendrant des pratiques tout aussi diversifiées d’interprétation, de traduction et de négociation du sens entre des médiateurs de langage. Ces « lectures du monde » nous engagent à maintenir le dialogue entre linguistes et anthropologues en termes de nécessité interdisciplinaire et à le concevoir comme un instrumentheuristique de recherche indispensable à l’appréhension de processus sociaux, langagiers et culturels complexes que les chercheurs se donnent pour tâche commune de comprendre et de faire comprendre.
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Traduction orale, cadre participatif et action. Le cas d’un séminaire de musique plurilingue: Daniela Veronesi

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DANIELA VERONESI

Libera Università di Bolzano

L’activité musicale envisagée en tant qu’interaction sociale a fait l’objet, dans les dernières décennies, d’un intérêt renouvelé au sein de disciplines variées (ethnomusicologie, anthropologie culturelle, sociologie, analyse de la conversation, etc.). Cela a conduit à examiner la façon dont les musiciens se coordonnent temporellement pour jouer ensemble, corrigent leurs propres actions pendant et après l’exécution musicale, et négocient leurs rôles et identités professionnelles (v. par ex. Schütz 1964, Weeks 2002, Poggi 2002, Duranti, Burrell 2004, Gritten, King 2006, Haviland 2007, Black 2008, Gibson 2010, Streeck, Henderson 2010). Toutefois, la dimension interculturelle et plurilingue, qui caractérise de plus en plus l’activité de faire de la musique ensemble – notamment dans le domaine éducatif, là où certains séminaires et cours de perfectionnement sont donnés par des professeurs étrangers de renommée internationale, souvent sans l’aide d’un interprète professionnel -, reste peu explorée. Dans ces contextes, comment l’interaction entre musiciens se déroule-t-elle ? Face à la diversité des compétences linguistiques au sein du groupe, quelles sont les pratiques communicatives dont les participants se servent-ils ? Et de quelle façon l’usage d’une ou plusieurs langues s’imbrique-t-il avec le code musical et la nature multimodale de l’activité de « faire de la musique » mais aussi de « parler de la musique » (Haviland 2011) ?

Les travaux en sociolinguistique et analyse de la conversation, qui se sont intéressés à l’interaction...

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