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Plurilinguisme dans la littérature française

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Edited By Alicia Yllera and Julian Muela Ezquerra

Ce volume s’intéresse à un phénomène très ancien mais qui a pris une grande ampleur de nos jours : la présence de langues ou dialectes autres que la langue de base du texte littéraire (ici le français). Les douze essais réunis dans ce volume analysent les différentes formes (alternance, assemblage, superposition de codes, etc.) et fonctions (ludique, comique, satirique, parodique, réaliste, esthétique, identitaire, revendicative, etc.) de l’hétérogénéité langagière à l’intérieur d’un même texte littéraire. Ces études s’intéressent à des textes français ou francophones appartenant à des époques différentes, qui vont des textes narratifs et dramatiques du XII e et du XIII e siècles jusqu’à des romans d’écrivains nés dans le dernier tiers du XX e siècle. D’autres chapitres analysent l’œuvre de Rabelais, la comédie du XVII e siècle, un récit de voyages du XVIII e siècle, un roman populaire du XIX e siècle, les romans policiers de Fred Vargas, une pièce inédite d’Hélène Cixous, des romans d’Albert Cohen, d’Ahmadou Kourouma et de Laura Alcoba, ainsi que deux pièces dramatiques de Jean Marc Dalpé.
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Barbarismus et barbarolexis dans les textes narratifs et dramatiques du XIIe et du XIIIe siècles

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1. Le transfert du latin au français

Je reprends ici certaines idées connues et acquises qui me permettront de cerner les limites chronologiques et littéraires de mon travail. Le territoire qu’on désigne de nos jours comme la France a été bilingue pendant tout le Moyen Âge. Le bilinguisme apparaît, selon Batany (1992), deux siècles après les invasions germaniques. Le latin, langue universelle, est la langue de l’Église, de la culture et du droit tandis que les langues vernaculaires, locales et plurielles, sont le moyen de communication entre les hommes des différentes populations. À la différence du latin, ces dernières ne s’emploient qu’à l’oral et la conquête de l’écrit constitue l’histoire de leur progrès et leur affermissement.

La réforme du latin accomplie par Alcuin à l’époque carolingienne creusa une distance énorme entre le latin savant des lettrés et celui rustique des laïcs et donna lieu à un système ternaire : le latin, le tudesque et la lingua romana rustica (Batany, 1992 : 80–81). Dans la France du Nord, cette rupture conduisit à une situation de diglossie opposant deux langues nouvelles : « le latin médiéval et le roman qui prit le nom de françois » (Lusignan, 2004 : 22). Désormais on apprend le latin à l’aide d’un maître de grammaire (Lucken, 2004 : 16)1.

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