Show Less
Restricted access

Plurilinguisme dans la littérature française

Series:

Edited By Alicia Yllera and Julian Muela Ezquerra

Ce volume s’intéresse à un phénomène très ancien mais qui a pris une grande ampleur de nos jours : la présence de langues ou dialectes autres que la langue de base du texte littéraire (ici le français). Les douze essais réunis dans ce volume analysent les différentes formes (alternance, assemblage, superposition de codes, etc.) et fonctions (ludique, comique, satirique, parodique, réaliste, esthétique, identitaire, revendicative, etc.) de l’hétérogénéité langagière à l’intérieur d’un même texte littéraire. Ces études s’intéressent à des textes français ou francophones appartenant à des époques différentes, qui vont des textes narratifs et dramatiques du XII e et du XIII e siècles jusqu’à des romans d’écrivains nés dans le dernier tiers du XX e siècle. D’autres chapitres analysent l’œuvre de Rabelais, la comédie du XVII e siècle, un récit de voyages du XVIII e siècle, un roman populaire du XIX e siècle, les romans policiers de Fred Vargas, une pièce inédite d’Hélène Cixous, des romans d’Albert Cohen, d’Ahmadou Kourouma et de Laura Alcoba, ainsi que deux pièces dramatiques de Jean Marc Dalpé.
Show Summary Details
Restricted access

Plurilinguisme dans le monolinguisme chez Hélène Cixous

Extract



1. Les origines historiques et familiales du plurilinguisme chez Cixous

Hélène Cixous est née en Algérie en 1937, à l’époque où ce pays faisait partie de la France coloniale. Son enfance, passée d’abord à Oran et puis à Alger, a baigné dans une ambiance plurilingue : sa famille paternelle et ses voisins parlaient le français, mais aussi l’arabe et le berbère pour certains ; sa mère venait d’une famille juive germanophone (ce qui implique que la langue maternelle de l’auteure serait, dans le sens littéral, l’allemand) ; il y avait à Oran une nombreuse colonie hispanophone ; l’hébreu s’employait pour les fêtes vaguement religieuses (sa famille était laïque) ; son éducation primaire et secondaire s’est déroulée en français ; et, déjà adolescente, Hélène Cixous a choisi l’anglais comme deuxième-troisième langue, qui est devenue l’objet de son travail universitaire puisque sa thèse de doctorat a porté sur James Joyce. Ce plurilinguisme d’« ambiance » et de choix a contribué à la problématisation que l’auteure a fait, tout au long de son œuvre, du sentiment d’appartenance, ainsi que d’autres concepts comme « langue maternelle », « héritage culturel », « nom propre » et même « identité », selon Jacques Derrida (2003).

Cependant, l’œuvre littéraire de Cixous se développe entièrement en français, et l’auteure soutient qu’elle n’a jamais eu le moindre doute quant au choix du français comme langue de création. Derrida en arrive...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.