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L’Etat au pays des merveilles

L’Etat et le projet étatique en Nouvelle-Calédonie

Peter Lindenmann

L’Etat au pays des merveilles décrit un projet de construction d’état contemporain. En Nouvelle-Calédonie, une ancienne colonie française dans le Pacifique Sud, une situation de conflit dans les années 80 a engendrée une succession de statuts cherchant à régler la situation difficile d’un territoire dépendant, mais ne pas intégré, d’un état européen distant de 20'000 km. L’Accord de Nouméa, conclu en 1998 entre loyalistes, indépendantistes et l’Etat central, a pavé la route pour une émancipation évolutive de la Nouvelle-Calédonie. Des transferts de compétences irréversibles, accompagnés par des formations préparatoires pour les futurs administrateurs et les crédits nécessaires sont le moyen de choix de la France pour accompagner le projet étatique calédonien. Ce livre, écrit dans une perspective de départ d’une tribu, d’une commune rurale en brousse, cherche à illuminer l’intérieur de ce processus à long terme pour comprendre le comment et le pourquoi de cette transformation de conflit réussie. Basé sur une longue recherche de terrain et un grand nombre d’entretiens, le livre fait le cas d’un projet étatique différent, sur une trajectoire unique et s’éloignant de plus en plus de la France métropolitaine.
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VIII. Territoires et cartes

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1. Introduction

Toute notion d’État est toujours liée à une idée de territoire (Migdal 2001 : 17). Chaque État réclame un territoire sur lequel devrait s’étendre son pouvoir et dans lequel il essaye d’établir son contrôle. Le présent chapitre va évoquer les chemins suivis par le projet étatique pour percevoir, mesurer et répartir ce territoire. La question du territoire, de la terre, est un sujet très controversé en Nouvelle-Calédonie. Tous ceux qui s’y approchent risquent de s’y brûler. Mais il n’est cependant pas envisageable de simplement laisser de côté un sujet si important pour l’État et le projet étatique dans ce pays. Je vais donc essayer de l’aborder avec beaucoup de prudence. La terre et ce qu’on y fait ou devrait y faire est un sujet de discussion constant. Beaucoup d’entretiens, de rencontres et de conflits ont lieu à cause de cette question. Un grand nombre de structures étatiques et paraétatiques traitent d’une façon ou d’une autre du territoire et des cartes.

Il existe déjà de nombreux livres sur la terre en Nouvelle-Calédonie. J’aimerais en citer quelques-uns ici : « Histoires des terres kanakes » (Michel Naepels 1998), « Le livre des terres » (Pierre Métais 2003), « Spoliations foncières en Nouvelle-Calédonie » (Joel Dauphiné 1989), « L’Héritage » (Alain Saussol 1979). Tous ces auteurs ont étudié la propriété foncière précoloniale, les spoliations de l’ère coloniale et les conflits qui...

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