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L’Etat au pays des merveilles

L’Etat et le projet étatique en Nouvelle-Calédonie

Peter Lindenmann

L’Etat au pays des merveilles décrit un projet de construction d’état contemporain. En Nouvelle-Calédonie, une ancienne colonie française dans le Pacifique Sud, une situation de conflit dans les années 80 a engendrée une succession de statuts cherchant à régler la situation difficile d’un territoire dépendant, mais ne pas intégré, d’un état européen distant de 20'000 km. L’Accord de Nouméa, conclu en 1998 entre loyalistes, indépendantistes et l’Etat central, a pavé la route pour une émancipation évolutive de la Nouvelle-Calédonie. Des transferts de compétences irréversibles, accompagnés par des formations préparatoires pour les futurs administrateurs et les crédits nécessaires sont le moyen de choix de la France pour accompagner le projet étatique calédonien. Ce livre, écrit dans une perspective de départ d’une tribu, d’une commune rurale en brousse, cherche à illuminer l’intérieur de ce processus à long terme pour comprendre le comment et le pourquoi de cette transformation de conflit réussie. Basé sur une longue recherche de terrain et un grand nombre d’entretiens, le livre fait le cas d’un projet étatique différent, sur une trajectoire unique et s’éloignant de plus en plus de la France métropolitaine.
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XV. Conclusions finales

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1. Au sujet du titre

Le titre que porte ce travail de recherche : « L’État au pays des merveilles » n’a pas été choisi au hasard. Le projet étatique français qui semble s’imaginer en État universel, ou si l’on veut croire Bruno Latour, même en État conçu selon des principes scientifiques (Latour 1995), est confronté au monde mélanésien et se recombine avec ce dernier en Nouvelle-Calédonie. « La spécificité calédonienne » est donc l’accumulation d’une multitude de compromis qui ont dû être négociés pendant les dernières 150 années entre toutes les composantes de la société calédonienne. On a alors affaire à une forme d’ordre étatique d’une complexité extraordinaire. Deux entités s’opposent. Il y a d’un côté l’État central à vocation unitaire qui est défini par une préférence marquée pour l’application des mêmes règles partout sur son territoire. De l’autre côté une société mélanésienne, et en ce qui concerne la composante de souche européenne largement influencée par la pensée mélanésienne, une société îlienne et sectionnée en entités pseudo-autonomes. Dans cette société, chaque accord se négocie à travers tous les niveaux jusqu’à celui de la famille et n’est viable que si aucun des partenaires ne se sent trompé et n’a pas le sentiment qu’est mise en question l’égalité fondamentale entre les partenaires. Le titre de ma...

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