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L’Etat au pays des merveilles

L’Etat et le projet étatique en Nouvelle-Calédonie

Peter Lindenmann

L’Etat au pays des merveilles décrit un projet de construction d’état contemporain. En Nouvelle-Calédonie, une ancienne colonie française dans le Pacifique Sud, une situation de conflit dans les années 80 a engendrée une succession de statuts cherchant à régler la situation difficile d’un territoire dépendant, mais ne pas intégré, d’un état européen distant de 20'000 km. L’Accord de Nouméa, conclu en 1998 entre loyalistes, indépendantistes et l’Etat central, a pavé la route pour une émancipation évolutive de la Nouvelle-Calédonie. Des transferts de compétences irréversibles, accompagnés par des formations préparatoires pour les futurs administrateurs et les crédits nécessaires sont le moyen de choix de la France pour accompagner le projet étatique calédonien. Ce livre, écrit dans une perspective de départ d’une tribu, d’une commune rurale en brousse, cherche à illuminer l’intérieur de ce processus à long terme pour comprendre le comment et le pourquoi de cette transformation de conflit réussie. Basé sur une longue recherche de terrain et un grand nombre d’entretiens, le livre fait le cas d’un projet étatique différent, sur une trajectoire unique et s’éloignant de plus en plus de la France métropolitaine.
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Il est important de se demander dans quelle mesure un État sert à ses citoyens, il s’agit d’un sujet dont il faut discuter. Nous nous trouvons dans une époque où de plus en plus de services publics sont jugés comme ne faisant plus partie du cœur du projet étatique et sont alors remis à des entrepreneurs privés (Auriol et Picard 2006 : 1). La question se pose donc de savoir ce qu’un citoyen peut attendre de sa soumission au pouvoir étatique. Michel Kauma, l’un des premiers politiciens Kanak, exprimait ce que les Kanak espéraient gagner par leur participation au projet étatique : « Le vote on l’explique en disant que cela doit rapporter quelque chose. Des adductions d’eau, l’électricité, les routes […] » (Michel Kauma cité par Soriano 2000 : 244). La participation au projet étatique par l’observation de ses règles, par le paiement des impôts, en effectuant le service militaire ou, comme dans cet exemple, en votant doit rapporter un avantage aux citoyens. Förster (2007 : 53) désigne ces avantages par l’expression « services du pouvoir ». Pour lui, la sécurité est le service du pouvoir le plus fondamental. Mais aujourd’hui les citoyens attendent encore davantage de l’État dont ils font partie. Ils ne veulent pas seulement de l’eau, de l’électricité et des routes comme vu précédemment dans ce texte, mais aussi de la sécurité sociale, de l’information et des distractions. Selon Förster (2007...

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