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La liaison : approches contemporaines

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Edited By Christiane Soum Favaro, Annelise Coquillon and Jean-Pierre Chevrot

La liaison est un phénomène phonologique typiquement français, qui consiste à prononcer la consonne finale d’un mot lorsque celui-ci précède un mot comportant une voyelle initiale ( les [z] écrans). Dans bien des cas cependant, il est possible de prononcer aussi bien avec liaison que sans liaison ( ainsi dans mais [z] enfin). Cela confère à la liaison un caractère variable et hétérogène, dont la complexité, depuis les années 40, ne cesse d’intriguer les chercheurs. À date récente, la constitution de grands corpus oraux, tel PFC (Phonologie du Français Contemporain) a relancé l’étude de la liaison. Le présent ouvrage propose une revue à la fois large et précise des dernières recherches dans le domaine, d’un point de vue aussi bien linguistique que psycholinguistique et sociolinguistique. Il rend compte d’études nouvelles sur le traitement de la liaison dans la communication orale, mais aussi en production écrite ou chez des personnes atteintes de pathologies du langage. Il s’adresse tant aux spécialistes qu’aux étudiants en sciences du langage désireux de s’instruire à propos de ce phénomène phare de la phonologie du français.
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Chapitre 9: La liaison en mitchif : un cas d’acquisition incomplète fossilisée ?: Robert A. Papen

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ROBERT A. PAPEN

Le mitchif fait partie de ce groupe de langues encore relativement peu étudiées qu’on appelle soit des langues mixtes bilingues (LMB) (Thomason, 2001 ; Winford, 2003) soit des langues entrelacées (intertwined languages) (Bakker, 2003). Ces langues se distinguent des pidgins et des créoles du fait que leur structure provient généralement d’uniquement deux langues; prototypiquement, la grammaire vient d’une Langue A et le lexique d’une langue B; c’est le cas notamment de la media lengua, LMB de l’Equateur où le lexique du quechua a été entièrement remplacé par l’espagnol, mais où à peu près tous les affixes grammaticaux ainsi que la syntaxe et la sémantique du quechua sont maintenus. Dans le cas du mitchif, les deux langues en question sont le français et le cri, langue amérindienne de la famille algonquienne1. Il est encore parlé par environ 1 000 locuteurs d’origine métisse (unions de Blancs et d’Amérindiens) dans l’Ouest canadien (Manitoba et Saskatchewan) et américain (Dakota du Nord, et possiblement le Montana), tous âgés de plus de 60 ans. L’intérêt du mitchif pour la théorie de la liaison est que la très grande majorité des locuteurs actuels ne parlent ni français ni cri (même si à l’origine ses « créateurs » étaient bilingues – à divers degrés – dans les ← 213 | 214 → deux langues). Les éléments des deux langues en question sont donc plus ou moins figés et il est...

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