Show Less
Restricted access

Jazz, pouvoir et subversion de 1919 à nos jours / Jazz, Macht und Subversion von 1919 bis heute

Series:

Edited By Pascale Cohen-Avenel

Pour la première fois, un ouvrage scientifique étudie le jazz et ses relations avec le pouvoir dans plus de 6 pays francophones, germanophones et russophones. Il s’interroge sur la valeur subversive du jazz dans la quête identitaire de la jeunesse contestataire, sur son rôle dans la propagande d’Etat de l’Est comme de l’Ouest, et dans la définition de soi des élites et des artistes des années 1920 à nos jours. Résolument internationale, la perspective choisie est également pluridisciplinaire.
Diese Studie widmet sich als erste in diesem Gebiet dem Jazz und seinen Beziehungen zu den Machthabern der jeweiligen Staaten. Der Fokus liegt auf verschiedenen deutsch-, französisch- sowie russischsprachigen europäischen Ländern. Untersucht wird, wie subversiv der Jazz in der Identitätssuche der Jugend wirkt, sowie seine Rolle in der staatlichen Propaganda, und in der Selbstdefinition der Eliten und der Künstler von den 1920er Jahren bis heute. Die Perspektive dieses Buches ist sowohl international wie interdisziplinär.
Show Summary Details
Restricted access

La Fureur de Vivre, ou La Mélodie du Bonheur ? Jazz, société et consommation dans le film Stilyagui de Valerii Todorovskii: Graham H. Roberts

Extract

GRAHAM H. ROBERTS

« A défaut de swing il se gavait de beauté. »

Christian Gailly, Un soir au club

Le problème avec n’importe quelle culture subversive – ou « subculture » – c’est qu’elle finit toujours par être assimilée par le mainstream. L’un des théoriciens les plus importants de la subculture, Dick Hebdige, constate ce phénomène en ce qui concerne le punk rock,1 mais c’est aussi le cas, par exemple, du rap d’Eminem2 du pop’art d’Andy Warhol, ou encore du cinéma engagé de Ken Loach. Les exemples de ce genre d’assimilation dans l’histoire récente de la Russie sont légion. L’un des plus célèbres dissidents soviétiques, Aleksandr Soljenitsyne, pour ne citer que lui, a maintenant sa propre rue à Moscou (l’oulitsa Aleksandra Soljenitsyna, anciennement la Bolchaïa Kommounistitcheskaïa oulitsa !). Le jazz non plus ne fait pas exception à cette règle. A l’origine la musique des esclaves noirs-africains dans les champs de coton du sud des Etats-Unis,3 le jazz est devenu ← 47 | 48 → aujourd’hui un style de musique comme un autre, avec ses stars mondiales, ses festivals d’été et ses stations de radio spécialisées.

Cependant, l’histoire du jazz en Russie s’avère beaucoup plus compliquée. Comme le montrent très bien Starr4 et Lücke5, la politique des autorités soviétiques vis-à-vis du jazz a toujours été à géométrie variable, tributaire du contexte politique national et international. En...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.