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Jazz, pouvoir et subversion de 1919 à nos jours / Jazz, Macht und Subversion von 1919 bis heute

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Pascale Cohen-Avenel

Pour la première fois, un ouvrage scientifique étudie le jazz et ses relations avec le pouvoir dans plus de 6 pays francophones, germanophones et russophones. Il s’interroge sur la valeur subversive du jazz dans la quête identitaire de la jeunesse contestataire, sur son rôle dans la propagande d’Etat de l’Est comme de l’Ouest, et dans la définition de soi des élites et des artistes des années 1920 à nos jours. Résolument internationale, la perspective choisie est également pluridisciplinaire.
Diese Studie widmet sich als erste in diesem Gebiet dem Jazz und seinen Beziehungen zu den Machthabern der jeweiligen Staaten. Der Fokus liegt auf verschiedenen deutsch-, französisch- sowie russischsprachigen europäischen Ländern. Untersucht wird, wie subversiv der Jazz in der Identitätssuche der Jugend wirkt, sowie seine Rolle in der staatlichen Propaganda, und in der Selbstdefinition der Eliten und der Künstler von den 1920er Jahren bis heute. Die Perspektive dieses Buches ist sowohl international wie interdisziplinär.
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Le jazz et les élites

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LAURENT CUGNY

Le jazz est supposé être « arrivé » en France dans les valises de l’armée américaine s’engageant aux côtés de la France et de l’Angleterre lors du premier conflit mondial. En particulier dans celles du 15th Infantry Regiment, unité entièrement composée d’Afro-Américains bientôt connue sous le nom de Harlem Hellfighters, et de son orchestre placé sous la direction de James Reese Europe. Cette formation donna de nombreux concerts tout au long de l’année 1918 et aurait ainsi « semé la graine » du jazz en France.1 La même année, Jean Cocteau s’extasie devant cette « catastrophe apprivoisée » qu’il reconnaît dans la musique entendue lors des prestations de Gaby Deslys et Harry Pilcer au Casino de Paris, et qu’il pense être du jazz. Quoi qu’il en soit de la place respective qu’on accorde à ces événements, le fait est là : le jazz a bel et bien entamé sa carrière en France. Plusieurs étapes peuvent ensuite être identifiées, et il est incontestable que l’apparition de Joséphine Baker dans La Revue nègre qui ouvre au Music-hall des Champs-Elysées (qui n’est autre que le Théâtre des Champs-Elysées rebaptisé ainsi pour un temps par son propriétaire d’alors, Rolf de Maré), le 2 octobre 1925, constitue un jalon important de cette histoire du jazz en France qui se met en mouvement à cette époque.

La Revue nègre, par son retentissement et son succès...

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