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Jazz, pouvoir et subversion de 1919 à nos jours / Jazz, Macht und Subversion von 1919 bis heute

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Pascale Cohen-Avenel

Pour la première fois, un ouvrage scientifique étudie le jazz et ses relations avec le pouvoir dans plus de 6 pays francophones, germanophones et russophones. Il s’interroge sur la valeur subversive du jazz dans la quête identitaire de la jeunesse contestataire, sur son rôle dans la propagande d’Etat de l’Est comme de l’Ouest, et dans la définition de soi des élites et des artistes des années 1920 à nos jours. Résolument internationale, la perspective choisie est également pluridisciplinaire.
Diese Studie widmet sich als erste in diesem Gebiet dem Jazz und seinen Beziehungen zu den Machthabern der jeweiligen Staaten. Der Fokus liegt auf verschiedenen deutsch-, französisch- sowie russischsprachigen europäischen Ländern. Untersucht wird, wie subversiv der Jazz in der Identitätssuche der Jugend wirkt, sowie seine Rolle in der staatlichen Propaganda, und in der Selbstdefinition der Eliten und der Künstler von den 1920er Jahren bis heute. Die Perspektive dieses Buches ist sowohl international wie interdisziplinär.
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La perception du jazz par les représentants des élites francophones suisses jusqu’en 1945: Michel Caillat

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MICHEL CAILLAT

Il y a au sein du Southern Syncoped Orchestra, un extraordinaire virtuose clarinettiste qui est, paraît-il, le premier de sa race à avoir composé sur la clarinette des blues d’une forme achevée. J’en ai entendu deux qu’il avait longuement élaborés, puis joués à ses compagnons pour qu’ils en puissent faire l’accompagnement. Extrêmement différents, ils étaient aussi admirables l’un que l’autre pour la richesse d’invention, la force d’accents, la hardiesse dans la nouveauté et l’imprévu. Ils donnaient déjà l’idée d’un style, et la forme en était saisissante, abrupte, heurtée, avec une fin brusque et impitoyable comme celle du Deuxième Concerto Brandebourgeois. Je veux dire le nom de cet artiste de génie, car pour ma part je ne l’oublierai pas : c’est Sidney Bechet.

C’est en ces termes qu’en octobre 1919 le chef d’orchestre suisse Ernest Ansermet exprime dans les colonnes de la Revue romande son admiration pour le jeune clarinettiste Sidney Bechet, qu’il a entendu à Londres peu auparavant au sein du Southern Syncopated Orchestra dirigé par Will Marion Cook.1 L’article, fréquemment présenté comme le premier compte rendu critique sur le jazz, est aussi connu qu’incontournable ; il figure d’ailleurs dans nombre d’ouvrages consacrés à l’histoire de cette musique. Généralement considéré comme le témoignage indiscutable de l’ouverture d’esprit et de la lucidité de son auteur face à la manifestation d’une nouvelle culture musicale, il ré ← 219 | 220 → vèle surtout, au-delà d’une perception...

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