Show Less
Restricted access

Modalités et Temps

Des modèles aux données

Series:

Alda Mari

L’interaction des notions modales et temporelles dans un cadre formel constitue un champ difficile à aborder sans connaissance préliminaire des outils manipulant les mondes possibles. Cet ouvrage comble ce manque, en introduisant, pour la première fois en langue française, les systèmes formels issus de la logique modale et utilisés en linguistique. Différents cadres théoriques sont présentés, et notamment l’approche Kratzerienne et la théorie du temps branchant. La discussion des théories modales est menée à travers le prisme du langage naturel et la notion, centrale dans cet ouvrage, de sens vériconditionnel est mise à l’épreuve des données. Au fil des chapitres, les notions théoriques sont abordées via une étude de cas, permettant de traiter de nombreuses questions autour des modalités déontique, de capacité et épistémique, en interaction avec le temps. Notre discussion, qui articule l’empirique et le formel, ne présuppose aucune connaissance formelle préliminaire. Ce livre s’adresse ainsi aussi bien à un public étudiant, qu’aux chercheurs en linguistique, en philosophie ou en sciences cognitives.
Show Summary Details
Restricted access

5. La notion de capacité : analyses et données. Le cas de a pu (II)

Extract



5.1 Préambule

Comme nous l’avons vu à plusieurs reprises, l’interprétation abilitative de la modalité est quelque peu sui generis. Elle seule semble incapable de fonctionner comme un opérateur phrastique, et elle seule semble requérir que l’agent joue un rôle dans l’interprétation de la phrase. Ces caractéristiques ont été à l’origine d’un débat autour de la notion de capacité, qui s’est développé aussi bien dans la communauté philosophique que linguistique. Rares ont été les échanges entre ces deux approches. Un effort n’a été mené pour les rapprocher que dernièrement. Fara (2008) en particulier introduit dans débat philosophique une nouvelle approche des dispositions et capacités empruntée à la littérature sur les génériques développée en linguistique (e.g. Krifka et al. 1995). Mari et Martin (2007, 2009) ont d’autre part revivifié une distinction entre deux types de capacités (‹en puissance› et ‹en acte›), pour montrer que cette distinction joue un rôle dans la sémantique du langage naturel.

Les buts du chapitre sont à la fois théorique et empirique. D’un point de vue théorique, dans la section 5.2, nous discutons les notions et analyses qui ont été développées dans la littérature philosophique et qui peuvent être exploitées pour l’analyse du langage naturel. Pour ce faire, nous commençons par délimiter la notion de capacité en montrant que contrôle et intentionna lité ne jouent aucun...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.