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Pour en finir avec le terrorisme

L’équivoque de la terreur, de la Révolution française aux attentats jihadistes

Ami-Jacques Rapin

Qu’est-ce que le terrorisme ? Cette lancinante question préoccupe aussi bien l’homme de la rue que les chercheurs spécialisés dans l’étude de la violence politique. Que ces derniers ne soient pas parvenus, après des décennies d’efforts, à formuler une définition consensuelle du phénomène ne manque pas d’étonner. Cet ouvrage a pour ambition d’expliquer cet échec en déplaçant le questionnement de la notion de terrorisme à celle de terreur. L'histoire des deux concepts et de leur inextricable imbrication éclaire l’équivoque du discours contemporain sur le terrorisme et contient la solution au problème de la définition du phénomène. Elucider le problème, c’est également se donner les moyens de concevoir un cadre conceptuel alternatif qui conserve la masse des connaissances acquises, tout en faisant sauter l’obstacle terminologique sur lequel butte l’analyse des violences armées clandestines.
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Les apories des définitions juridiques

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À partir du début du XXe siècle, l’emploi du terme « terrorisme » se généralisa progressivement pour désigner des violences subversives et factieuses dirigées contre les symboles du pouvoir ou de la société bourgeoise, que ce soit en Europe occidentale, en Amérique du Nord ou dans les colonies.

Ce sens second, se référant à une violence subversive ou factieuse, domina désormais le sens premier, mais sans l’effacer. On pourrait même dire qu’il le réactiva régulièrement dans la mesure où la stigmatisation du terrorisme dirigé contre le pouvoir suscita de récurrentes mises au point rappelant que le terrorisme était aussi un instrument du pouvoir. La polysémie du concept se prêtait d’autant mieux au jeu rhétorique que son utilisation entrait le plus souvent dans des stratégies discursives visant à délégitimer l’adversaire qui recourait à une violence jugée politiquement injustifiable.

Dans un contexte polémique ou dans celui de l’utilisation du mot dans le langage courant, la question des effets réels générés par ce que l’on nommait le terrorisme ne se posait pas vraiment. La connotation négative de la notion suffisait à stigmatiser l’acte et le principe auquel renvoyait le sens étymologique du mot – jeter l’effroi chez l’adversaire – satisfaisait apparemment aux exigences sémantiques de l’usage du terme. L’idée selon laquelle le terrorisme créait par définition de la terreur semblait suffisamment évidente pour...

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