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Pour en finir avec le terrorisme

L’équivoque de la terreur, de la Révolution française aux attentats jihadistes

Ami-Jacques Rapin

Qu’est-ce que le terrorisme ? Cette lancinante question préoccupe aussi bien l’homme de la rue que les chercheurs spécialisés dans l’étude de la violence politique. Que ces derniers ne soient pas parvenus, après des décennies d’efforts, à formuler une définition consensuelle du phénomène ne manque pas d’étonner. Cet ouvrage a pour ambition d’expliquer cet échec en déplaçant le questionnement de la notion de terrorisme à celle de terreur. L'histoire des deux concepts et de leur inextricable imbrication éclaire l’équivoque du discours contemporain sur le terrorisme et contient la solution au problème de la définition du phénomène. Elucider le problème, c’est également se donner les moyens de concevoir un cadre conceptuel alternatif qui conserve la masse des connaissances acquises, tout en faisant sauter l’obstacle terminologique sur lequel butte l’analyse des violences armées clandestines.
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Introduction

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Depuis plusieurs décennies, la réflexion sur le terrorisme est engluée dans un débat laborieux relatif aux contours du phénomène considéré1. La multiplication des définitions de cet objet évanescent, la pléthore des modèles d’analyse qui prétendent en rendre compte de manière rigoureuse, les controverses suscitées par l’instrumentalisation de la notion dans les stratégies de communication gouvernementale sont autant de révélateurs d’une incertitude fondamentale.

Qu’est-ce que le terrorisme ? À cette question élémentaire, on est tenté de donner la même réponse que Saint Augustin apportait à son interrogation sur le temps : « Si personne ne me le demande, je le sais. Mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus2. » Le mot évoque immanquablement des attentats spectaculaires et meurtriers, plus ces actions étant meurtrières, plus l’évidence du terrorisme semblant s’imposer à l’entendement. À cet égard, les attaques du 11 septembre 2001 remplissent la fonction d’un véritable prototype de l’acte terroriste, c’est-à-dire l’exemplaire le plus abouti d’une catégorie de phénomènes dont l’existence paraît dès lors difficilement contestable. La preuve par l’exemple n’est toutefois convaincante que s’il n’existe pas d’ambiguïté sur ce que l’on veut démontrer. Or, lorsqu’il s’agit d’expliciter ce que recouvre exactement cette catégorie de phénomènes, l’explication se réduit souvent à cette désarmante tautologie : le terrorisme, c’est ce qui provoque de ← 1...

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