Show Less
Restricted access

L’Empreinte de la Bible

Récritures contemporaines de mythes bibliques en littérature de jeunesse

Series:

Danièle Henky

La Bible fut un réservoir d’histoires à destination des enfants dès le Moyen Âge en Occident. Aujourd’hui, on puise toujours dans la Genèse ou dans le Nouveau Testament, actualisant des textes fondateurs, afin de les intégrer dans des livres pour la jeunesse. Parodiée, commentée, réinterprétée, la Bible continue de s’offrir comme une sorte de grand vivier de mythes littéraires auquel l’écrivain, qu’il soit croyant ou non, ne se prive pas de recourir.
L'étude des écarts entre le texte originel et sa récriture, pratiquée ici essentiellement à partir d’un corpus d’ouvrages francophones, témoigne des mouvements qui affectent la culture du temps et permet de pointer la manière de faire des auteurs, les effets produits sur l’ouvrage réalisé comme sur le mythe lui-même. Elle révèle aussi la dynamique du mythe biblique à l’œuvre dans les textes destinés aux jeunes et esquisse, parallèlement, une réflexion sur l’évolution de la jeunesse entre héritage et questionnements dans un contexte culturel en constante évolution.
Show Summary Details
Restricted access

Le mythe du Déluge et les enfants de Noé

Extract

Dans le marché important que représentent aujourd’hui les livres de littérature de jeunesse, le pourcentage de ceux qui apparaissent clairement comme des auxiliaires directs de conversion à la religion chrétienne sont plutôt rares. Beaucoup de romans, cependant, puisent dans le fonds commun de la culture judéo-chrétienne afin de tenter de construire une éthique humaniste ou de répondre aux questions fondamentales que se posent les jeunes lecteurs, quelles que soient leurs origines. De nombreux auteurs choisissent, dans l’Ancien ou le Nouveau Testament, des motifs tels que le sacrifice, la contrition, la passion, des personnages charismatiques ou messianiques, des schèmes ou des intrigues comme l’aventure intérieure, des mythes comme la quête des origines ou du paradis perdu, ainsi que nous avons eu l’occasion de le voir. Jacqueline Thibault Schaefer, dans son article « Récit mythique et transtextualité »158, montre, en s’appuyant sur la classification proposée par Genette dans Palimpsestes et à travers l’étude du mythe de Tristan et Iseut, que le mythe présente, par sa notoriété et sa flexibilité, une aptitude particulière à se constituer en intertexte. Les mythes originels se muent ainsi tout naturellement en mythes littéraires et s’invitent dans la littérature :

[…] la mémoire culturelle inférant le non-dit, la présence du mythe peut se signaler dans un texte-récepteur moyennant une économie maximale de syntagmes. […] Agrégat d’éléments narratifs récupérés et recyclables, il fait preuve d’une grande...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.