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Les années 1540 : regards croisés sur les arts et les lettres

Edited By Lorenz E. Baumer, Frédéric Elsig and Sabine Frommel

Co-édité par les unités d’archéologie classique et d’histoire de l’art, en partenariat avec l’équipe d’accueil Histara de l’Ecole pratique des Hautes Etudes à Paris, le volume réunit les actes d’un colloque organisé à Genève les 11 et 12 avril 2011. Il se focalise sur l’extraordinaire vitalité des années 1540. Cette décennie de transition a vu l’émergence de phénomènes capitaux et de véritables révolutions dans l’histoire culturelle de l’Occident, dans tous les domaines : de la religion aux sciences en passant par l’architecture et les arts visuels. Son identité reste néanmoins difficile à cerner. Pour tenter d’en préciser les contours, le volume aborde les arts et les lettres sous une pluralité de perspectives, rassemblant des compétences dans différentes disciplines. Son originalité consiste précisément à articuler des approches transversales autour d’un moment crucial et d’en mesurer les conséquences à long terme. Il viendra renouveler, par ce point de vue inhabituel, les études consacrées à la Renaissance.
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Fonctions et représentations de l’architecture dans l’Apocalypse de Jean Duvet: une figuration particulière de l’architecture dans la France de la fin des années 1540: Gaëtan Bros

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GAËTAN BROS

L’Apocalypse est une série de 23 planches illustrant le texte de saint Jean Zébédé. Débutée en 1545, elle fut exécutée par un orfèvre langrois, Jean Duvet, peut-être sous l’injonction de François Ier. «La mort me presse», inscrit-il sur le Frontispice de cette œuvre qu’il commence à 60 ans, mettant en scène la collusion de la fin de sa vie avec la fin du monde relatée par le texte biblique. Cette œuvre testamentaire est l’aboutissement d’une carrière brillante: orfèvre du roi, l’un des premiers Français à utiliser le burin1, dignitaire de la ville de Langres, Jean Duvet était «l’artiste le plus en vue de sa région», selon l’expression d’Henri Zerner2.

L’Apocalypse est parsemée de nombreuses figurations urbaines. Malgré l’admiration que suscitèrent ces architectures chez l’un des premiers ← 121 | 122 → commentateurs du maître3, elles ne furent l’objet que de peu d’analyses4. Il se peut que cette partielle démission soit due au cloisonnement disciplinaire entre l’enseignement de l’architecture et celui de la gravure, hérité de l’organisation universitaire du XIXe siècle. Il est également possible que les commentateurs aient été déconcertés par la manière ductile et malléable dont Jean Duvet use des prototypes classiques. Cette manière libre est en opposition avec la tendance à la normalisation de la représentation architecturale, liée notamment au succès et à la diffusion des traités...

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