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Les années 1540 : regards croisés sur les arts et les lettres

Edited By Lorenz E. Baumer, Frédéric Elsig and Sabine Frommel

Co-édité par les unités d’archéologie classique et d’histoire de l’art, en partenariat avec l’équipe d’accueil Histara de l’Ecole pratique des Hautes Etudes à Paris, le volume réunit les actes d’un colloque organisé à Genève les 11 et 12 avril 2011. Il se focalise sur l’extraordinaire vitalité des années 1540. Cette décennie de transition a vu l’émergence de phénomènes capitaux et de véritables révolutions dans l’histoire culturelle de l’Occident, dans tous les domaines : de la religion aux sciences en passant par l’architecture et les arts visuels. Son identité reste néanmoins difficile à cerner. Pour tenter d’en préciser les contours, le volume aborde les arts et les lettres sous une pluralité de perspectives, rassemblant des compétences dans différentes disciplines. Son originalité consiste précisément à articuler des approches transversales autour d’un moment crucial et d’en mesurer les conséquences à long terme. Il viendra renouveler, par ce point de vue inhabituel, les études consacrées à la Renaissance.
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Autour de Jean Goujon: ambitions et inflexions de la sculpture française, royale et provinciale: Marion Boudon-Machuel et Pascal Julien

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MARION BOUDON-MACHUEL et PASCAL JULIEN

Au cours des années 1540, la sculpture connut en France de profondes mutations théoriques et formelles, alors que s’affirmait la conscience nouvelle d’un triomphe concerté des arts, sous l’égide du prince. Dès 1543, en effet, Etienne Dolet flattait Les gestes de François Ier, «par le moyen duquel la France est tant bien instruite en touts arts, que par iceulx elle peult faire guerre et à la Grece, et à l’Italie, lesquelles régions par le passé ont esté tenues sièges propres des lettres»1. Ambitions et émulation étaient alors clairement perçues à l’aune de la littérature et en étroite relation avec l’Antiquité, ce que reprit Du Bellay, en 1549, dans une énumération des félicités dont bénéficiait, outre les écrivains, l’ensemble du royaume, grâce aux arts réunis: «Finalement je ne parleray de tant de Metiers, Arz, et Sciences, qui florissent entre nous, comme la Musique, Peinture, Statuaire, Architecture, et autres, non guères moins que jadis entre les Grecz, et Romains»2.

Plongé au cœur de cette efflorescence, Jean Goujon incarne singulièrement ces orientations nouvelles qui, sans se détourner de la fascinante Italie, recherchent leurs propres fondements. En s’appuyant sur l’écrit, le compas et le dessin, il enrichit son art au regard du modèle classique, tout en aspirant au dépassement de ce dernier pour la gloire du souverain. La sculpture témoigne alors, dans...

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