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La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIII e siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
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I. La « force des trais de pourtraiture » de Villard de Honnecourt

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I.

La « force des trais de pourtraiture » de Villard de Honnecourt

Les dessins géométriques préparatoires

Le carnet de Villard de Honnecourt (vers 1235), par exemple, destiné à vulgariser « li force des trais de pourtraiture », conserve un grand nombre de représentations, que leurs légendes désignent par des dérivés de pourtraire. 58 Pourtraiture se réfère ici à l’aptitude et à l’efficacité spécifiques d’une méthode de dessin que Villard présente dans son album. Cette méthode est censée permettre l’exécution aisée de figures à partir de structures géométriques fondées sur des lignes.

Le livre de Villard étant destiné à des chantiers de construction, les figures dessinées sont censés illustrer ce qui doit être exécuté dans l’œuvre à produire et surtout la manière de s’y prendre. Elles sont caractérisées par un tracé schématisé, qui favorise leur transposition dans les œuvres à réaliser sur le chantier. L’emploi du mot portraiture s’explique par conséquent de la façon suivante : « La reproduction schématique tire en avant (protrahere) des traits de l’objet à reproduire, afin de donner forme grâce à ces derniers à l’ouvrage à produire. » 59 Ainsi, les dessins achevés de Villard conservent majoritairement les schémas géométriques visibles, afin de servir de directives au lecteur maçon, qui les transpose dans la pierre (ill. 5, 6 et 7).

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