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La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIII e siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
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III. Conclusion

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III.

Conclusion

Ainsi se présente l’essor du mot portrait, lequel par la suite se rapporte de plus en plus souvent à la représentation d’un individu. On peut constater en conclusion que la racine du mot portrait n’est pas limitée à la représentation d’un individu. Les portraitures peuvent au départ se référer à toutes sortes de sujets. Elles peuvent, dès leur première apparition, se référer à un individu précis (p. ex. Philomèle, Gauvain), mais non exclusivement. Plutôt que de désigner un sujet précis, elles désignent d’abord une méthode particulière à réaliser une représentation.

On peut ainsi constater que toutes les pourtraitures sont des ouvrages extrêmement détaillés et minutieux, de véritables chefs-d’œuvre. Elles se distinguent par une élaboration très rare. Leur qualité au plus haut point circonstanciée et exacte autorise toujours des descriptions exceptionnellement précises. C’est par là qu’elles expriment toujours un rapport d’imitation fidèle, que ce soit relativement à un modèle imité ou à l’idée mentale de l’artisan. C’est par là aussi qu’elles acquièrent toujours un côté magnifique, éblouissant et noble.

Les pourtraitures sur les étoffes, les murs ou le métal fonctionnent parfois comme des « textes peints ». Elles sont, au reste, mises sur un pied d’égalité avec les lettres du point de vue de leur capacité de décrire avec précision. 156 En...

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