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La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIII e siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
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II. Le masque après l’Antiquité

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II.

Le masque après l’Antiquité

Pour l’époque suivant l’Empire romain, la certitude est moindre pour les moulages. 518 L’empire byzantin a continué cette pratique au moins jusqu’à la fin du VIe siècle. Une épigramme du poète et historien Agathias (536-582) évoque l’empreinte en cire du petit-fils d’un empereur byzantin.

« Eustathe, ton visage est gracieux, mais, quand je te regarde, c’est de la cire que je vois, et cette parole qui nous était si douce ne réside plus sur tes lèvres. Ta jeunesse en fleur, hélas ! n’est plus qu’une vaine poussière. Au-delà de ta quinzième année, tu n’as vu que vingt-quatre soleils ; le trône de ton grand-père n’a pu te protéger, ni la fortune paternelle. Qui donc, en voyant ton image, n’accuse le destin d’injustice, pour avoir, le cruel ! anéanti une telle beauté ? » 519

Après le VIe siècle, aucune trace nette n’est conservée pour l’Europe occidentale, et les empreintes faciales du prédicateur populaire saint Bernardin de Sienne († 1444) et de Filippo Brunelleschi, le célèbre architecte mort en 1446, sont tenues pour les premiers exemplaires conservés de cette coutume réapparue (ill. 79 et 80). 520 Ce qu’on appelle le masque de Dante, mort en 1321, est encore l’objet de discussion, mais pourrait être le résultat d’un véritable moulage, puisque de telles empreintes étaient d’usage à l’époque, comme le montre la...

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