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La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIIIe siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
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III. Les masques avant Bernardin de Sienne et leur usage dès le XIIIe siècle

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III.

Les masques avant Bernardin de Sienne et leur usage dès le XIIIe siècle

Le moment est venu de franchir de nouveau le seuil (artificiel) entre le XVe siècle et les temps antérieurs. Et puisque l’opposition contre le moulage avant le mi-lieu du Quattrocento exige des documents ou artefacts, essayons ici d’en donner quelques-uns sous la forme d’un résumé.

Tout d’abord, il convient de signaler qu’une tradition artisanale de l’empreinte est déjà enregistrée dans le manuel d’art Il libro dell’arte, rédigé par le Padouan Cennino Cennini vers 1400.562 Cennini y explique la prise d’empreintes du visage et des autres parties du corps dans l’objectif de réaliser, à partir de ces moulages, des figures réalistes (« di naturale »). On ne s’attardera pas ici sur ce traité important déjà analysé par d’autres recherches. 563

Premièrement, le Il libro dell’arte « n’est pas seulement un manuel technique, c’est aussi un livre d’histoire [...] qui nous initie à la vie de ces ouvriers d’élite par qui l’Italie, comme la Grèce et la France avec les leurs, a acquis la gloire... ». C’est ainsi que se prononce un spécialiste en procédés artistiques et en moulages, Auguste Renoir. Le manuel décrit des pratiques beaucoup plus anciennes que leur rédaction et « qu’une expérience prolongée de génération en génération peut seule faire acquérir ». 564

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