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La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIIIe siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
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I. Pietro d’Abano et les représentations de visages individuels (1310)

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I.

Pietro d’Abano et les représentations de visages individuels (1310)

Pietro d’Abano, médecin et philosophe italien, mort en 1315/6, livre un exemple caractéristique du rôle que le visage est susceptible de jouer à son époque et du concept scolastique de l’individu. 636 Dans son ouvrage-commentaire Expositio problematum Aristotelis, achevé en 1310, Pietro rédige des gloses sur les problèmes discutés dans le traité Problemata physica, attribué à Aristote. 637 Le Problemata physica est composé de telle sorte qu’une question, posée au début de chaque chapitre, est résolue par l’auteur, un pseudo-Aristote. Dans son propre ouvrage, Pietro Abano commente les questions et réponses du pseudo-Aristote.

À la 36e question discutée, intitulée « Pourquoi les êtres humains font des images du visage », le pseudo-Aristote répond en deux volets : « soit parce que cela montre qui sont certains hommes, soit parce que ces images nous permettent de reconnaître certains hommes le plus facilement ». 638

Les gloses ajoutées par Pietro aux deux volets de la réponse pseudoaristotélicienne sont intéressantes pour notre propos, chacune pour une raison différente. Elles reprennent les idées abordées à la fin de la troisième partie de la présente étude. Pietro explique dans quelle mesure la reproduction du visage d’un individu peut être considérée comme la « référence » précise à ce dernier. Cette analyse pouvant être tenue aujourd’hui pour banale possède toutefois...

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