Show Less
Restricted access

La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIII e siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
Show Summary Details
Restricted access

III. L’individu et ses rôles sociaux

Extract

III.

L’individu et ses rôles sociaux

Deux monuments sépulcraux oubliés illustrent, d’une manière manifeste, la présence d’une définition d’individu à la fin du Moyen Âge.

L’un est le mausolée d’Arnauld Amalric, abbé de Cîteaux et évêque de Narbonne, inhumé en 1225 à l’église de Cîteaux. Le tombeau fut détruit, mais une gravure illustrant sa composition s’est conservée (ill. 103). Émeric-David fournit une interprétation du monument.

« La statue de ce prélat, en marbre, fut couchée sur une table, aussi de marbre, substituée au sarcophage et élevée à deux pieds et demi ou trois pieds de terre. Deux évêques étaient debout, du côté de la tête ; deux abbés, du côté des pieds ; mais le sarcophage était supprimé. Une galerie, formée par de petits piliers et des arcades à plein cintre, soutenait la table supérieure, et au travers des arcades on apercevait une seconde statue du prélat, couchée et qui le représentait, comme la précédente, en habits pontificaux. [...] la statue placée ici dans l’intérieur du monument ne pouvait être que la représentation du défunt en état de mort. La poésie de la pensée consistait en ce que, les parois du sarcophage ayant disparu, le spectateur croyait voir réellement le défunt couché dans le caveau. » 675

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.