Show Less
Restricted access

La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIII e siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
Show Summary Details
Restricted access

IV. Conclusion

Extract

IV.

Conclusion

Il importe de noter que Thomas d’Aquin et Pietro d’Abano reconnaissent dans l’apparence corporelle le trait le plus distinctif de l’être humain, nécessaire pour la réalisation de l’image reconnaissable d’un individu. En prenant pour exemples Pietro d’Abano et Thomas d’Aquin, il est possible de montrer qu’une notion d’individu existe dans la pensée du XIIIe siècle. Bien plus encore, la notion d’individualité embrasse la notion d’aspect individuel, qui se rapporte à l’unicité de l’apparence de chaque être humain.

D’une manière plus générale, on peut noter que le « contour tridimensionnel » dont parle l’Aquinate dans le contexte de l’aspect individuel et auquel se réfère Pietro d’Abano correspond exactement à l’intérêt de l’époque pour l’aspect corporel. C’est précisément le « contour tridimensionnel » qui définit l’apparence physique ainsi que la ressemblance d’un être humain. Un rapport étroit existe par conséquent entre la définition d’individu de la pensée scolastique, qui ranime cette formule antique, et la revalorisation de l’extérieur corporel observée dans la présente étude.

Il est d’autre part significatif que le mot « persona », désignant aux débuts du Moyen Âge un rôle collectif « joué » à l’intérieur de la société religieuse, change de valeur sémantique pour englober, vers la fin du Moyen Âge, l’aspect physique parmi ses significations. Les exemples en langue française donnés par Rheinfelder se rapportent tous à la p...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.