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La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIII e siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
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I. L’importance de Thomas d’Aquin pour la pensée scolastique

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I.

L’importance de Thomas d’Aquin pour la pensée scolastique

L’étude des représentations mimétiques de l’homme relative aux théories de Thomas d’Aquin a déjà été faite au moins trois fois. 690 Ces recherches se contentèrent de constater d’une manière générale un lien approximatif entre la pensée du frère dominicain et le réalisme des statues funéraires du XIIIe siècle, ainsi celle de Clément IV. Comme le note Paravicini Bagliani, cette sorte de rapprochement offre le mérite de situer l’étonnant naturalisme de ces figures dans le contexte théorique et culturel de l’époque. 691

Thomas d’Aquin réside en effet à la cour papale de Viterbe en 1267 et en 1268, l’année de la mort de Clément IV. La statue sépulcrale exécutée en son honneur est non seulement la première qui nous soit parvenue sur le sol italien, mais elle est également caractérisée par un réalisme sans précédent qu’on peut qualifier de « représentation vériste ». Par conséquent, un rapport peut exister entre l’exécution de la statue ressemblante du pape et le séjour du philosophe à Viterbe ; il est plus prudent cependant de ne pas réduire le naturalisme de la statue tombale à une simple coïncidence chronologique.

Si l’étude de Thomas d’Aquin est particulièrement intéressante pour le rôle exemplaire...

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