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La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIII e siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
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II. Le concept scolastique de l’image et des vestiges

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II.

Le concept scolastique de l’image et des vestiges

La réalité sacrée est divisée en vestiges et images

Un commentaire sur la notion scolastique d’image peut commencer par une explication de l’ontologie humaine, telle que la théologie médiévale la définie. Selon cette dernière, non seulement l’ensemble de l’humanité a été créé par Dieu en la personne d’Adam, mais chaque individu particulier, par l’animation de son souffle, vient de Dieu et doit retourner à Lui après le trépas, afin d’être jugé et d’accéder au Paradis, ou rester dans l’Enfer. La vie humaine médiévale se polarise dans la création par la divinité et le retour à celle-ci, et Mircea Eliade souligne le caractère réel que possédait ce genre de croyance au Moyen Âge lorsqu’il écrit que

« ... l’homme des sociétés archaïques a tendance à vivre le plus possible “dans le sacré”. [... ] Cette tendance est compréhensible : pour les “primitifs” comme pour l’homme de toutes les sociétés pré-modernes, le sacré équivaut à la puissance et, en définitive, à la réalité par excellence. [...] Disons tout de suite que le monde profane dans sa totalité, le Cosmos totalement désacralisé, est une découverte récente de l’esprit humain. » 697

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