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La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIIIe siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
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III. Le corps humain en tant que référence à Dieu

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III.

Le corps humain en tant que référence à Dieu

L’interdépendance entre corps et âme

Les analyses de la présente partie se sont référées à l’image de Dieu dans l’homme au sens strict du terme, c’est-à-dire à la capacité de réflexion en tant qu’une partie de l’âme. Ce n’est pas seulement cette dernière pourtant mais l’ensemble de la nature humaine, l’âme aussi bien que le corps, qui trouve son modèle dans la divinité. C’est grâce à l’incarnation de Dieu en le Christ que le corps humain entre dans le champ d’étude des théologiens scolastiques. À ce titre, le corps humain reçoit une valeur toute particulière. À proprement parler, le corps humain reste évidemment comme toute chose matérielle au stade du vestige. 717 Mais selon Thomas d’Aquin, l’union avec l’âme – elle-même assujettie à l’image de Dieu en elle – lui fournit un ennoblissement éminent.

Cet ennoblissement est le produit d’une relation particulière entre l’âme et le corps. L’âme est la forme du corps qu’elle vivifie pendant leur union. 718 C’est pourquoi, elle doit être imaginée comme répandue dans l’intégralité du corps et son aspect identique à la forme du corps. 719 Dans la Divine comédie de Dante, Virgile explique la constitution de l’âme par une forme visible mais sans matérialité, qui garde le modelage du corps. Virgile a recours à plusieurs comparaisons afin...

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