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La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIII e siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
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I. Le statut médian de la dépouille et les représentations mimétiques

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I.

Le statut médian de la dépouille et les représentations mimétiques

Influences byzantines

La présente étude a montré que la valorisation du corps humain et de son apparence fait son entrée dans la notion d’individu ainsi que dans la pensée scolastique au cours des XIIe et XIIIe siècles. L’intérêt pour la physionomie existe déjà dans l’Antiquité romaine, et l’attention portée au corps humain à la fin du Moyen Âge semble bien avoir son origine à Byzance. L’étude a mis en lumière plus haut que l’étymologie et la thanatopraxie font référence au domaine byzantin. L’embaumement est certainement attesté à Byzance jusqu’à la fin du XIIIe siècle, en tant que preuve des honneurs rendus à l’empereur et aux hauts dignitaires du clergé. 794 En effet, l’empire byzantin semble avoir gardé certaines coutumes païennes de l’Antiquité, en les réinterprétant comme des rites chrétiens. 795

La persistance de telles pratiques funéraires païennes a été étudiée pour l’époque paléochrétienne et byzantine par Jean-Pierre Sodini, à travers l’exemple des libations, de l’obole et des récipients céramiques ajoutés à la tombe. 796 Le masque mortuaire, présent sur le sol de l’Antiquité romaine par influence égyptienne, est sans doute un témoignage clair de l’attention portée à la physionomie transmise à la culture byzantine. Albert Gayet constate en effet que les nécropoles d’Antinoë (Égypte)...

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