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La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIIIe siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
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III. Conclusion

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III.

Conclusion

L’hypothèse faite relative à l’effigie du Bertrand du Guesclin sert à exposer le rapport entre les systèmes différents de représentation : tout au long du service mortuaire, il existe différentes façons de représenter le défunt, mais celle qui reste constante pendant toute la durée semble être celle qui évoque l’aspect corporel du connétable. Les « représentants » de Bertrand déposent « devant l’Autel », c’est-à-dire juste à côté de l’effigie, « toutes les pieces d’honneur ».898

Les représentations anciennes, non mimétiques, des funérailles, telles qu’elles sont décrites pour la cérémonie de Bertrand du Guesclin, sont augmentées, dans le courant du XIIIe siècle, des expositions de dépouilles, ainsi que des effigies, dans le courant du XIVe siècle au plus tard.

La situation, des obsèques évoquée pour Bertrand du Guesclin, se présente sans doute d’une manière similaire devant l’effigie de Charles VI, et elle s’est certainement déjà produite durant les obsèques de Jean le Bon. Le chroniqueur de Saint-Denis souligne que les honneurs rendus pendant les obsèques de Bertrand du Guesclin furent les mêmes que les honneurs pour les rois. Que Jean le Bon eût une effigie ou que la dépouille même fût exposée, c’est le « corps » qui fut montré à Saint-Denis durant les funérailles. Ainsi, l’évocation mimétique gagne une telle importance...

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