Show Less
Restricted access

La genèse de la représentation ressemblante de l’homme

Reconsidérations du portrait à partir du XIII e siècle

Dominic Olariu

« Ce livre est le fruit d’un projet ambitieux visant à replacer l’émergence du portrait européen dans le contexte large d’une évolution où parmi d’autres facteurs les rites funéraires et les masques mortuaires jouent un rôle déterminant. « L’archéologie de la ressemblance » est ainsi la formule que l’auteur propose pour renouveler notre connaissance des débuts du portrait au XIII e siècle, c’est-à-dire bien avant l’apogée du portrait individuel à la Renaissance. Par une transgression audacieuse des frontières du champ disciplinaire, l’enquête jette un éclairage inattendu sur l’environnement culturel qui favorisa l’apparition de ce genre visuel si caractéristique du continent européen. Le recours à la méthode étymologique enrichit tout particulièrement l’investigation en éclairant d’un jour nouveau les causes profondes de cette représentation figurée. Sur un sujet où tout déjà semblait avoir été dit, un arrière-plan aux multiples facettes se trouve ici mis au jour, qui d’une manière exemplaire révèle la complexité des facteurs intervenant dans l’histoire de la représentation figurée. » (Hans Belting)
Show Summary Details
Restricted access

Introduction

Extract



← 13 | 14 → ← 14 | 15 →

« Item encore son portrait mortuaire de plâtre, fait sur son visage, lorsqu’il gît trois jours sous terre, avec un moulage de sa main. »1

Telle est l’inscription du numéro 11 figurant dans l’inventaire dressé par un collectionneur anonyme au début du XVIIe siècle. L’enregistrement fait mention du masque funéraire d’Albert Dürer, décédé en 1528. Le rapport du déterrement est confirmé par une chronique privée, selon laquelle le docteur Christophe Scheurl fait savoir, en 1542, à son neveu Albert, dont A. Dürer était le parrain, que le maître « fut exhumé par des artistes dans le but de mouler son visage ».2

Cette anecdote curieuse introduit directement au sujet de la présente étude. Les moulages du visage et de la main du peintre allemand, une petite centaine d’années après son trépas encore entre les mains d’un connaisseur, sont exécutés in extremis par des artistes audacieux selon une démarche pour le moins étrange. Ces « profanateurs de tombeaux » étaient visiblement animés par le souci de garder un souvenir tangible en hommage à ce maître illustre. L’entreprise décrite constitue par ailleurs un élément intéressant pour la présente recherche.

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.