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Textes sacrés et culture profane : de la révélation à la création

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Edited By Mélanie Adda

Cet ouvrage, partiellement issu de réflexions engagées lors du colloque interdisciplinaire « Textes sacrés, Arts et Sciences » (dirigé par Mélanie Adda, INHA, Paris, 11-12 janvier 2008), traite dans une double perspective de la relation entre les textes sacrés et la culture profane qui s’y rapporte ou qui s’y heurte. Les auteurs se sont d’abord interrogés sur la possibilité d’une définition en intension de la sacralité textuelle. En observant le devenir de critères propre à la définir (comme l’origine divine) dans des contextes aussi différents que le judaïsme hellénistique, le Moyen Âge chrétien ou encore le confucianisme, les études de ce volume mettent en lumière la complexité de la notion de texte sacré, qui ne peut sans doute recevoir d’autre définition qu’en extension.
L’autre objectif de ce recueil est d’étudier la réception des textes sacrés dans les civilisations et les cultures profanes dont ils sont les principaux fondements, en observant non seulement le statut que l’objet profane reconnaît au texte sacré auquel il emprunte, se consacre ou s’oppose, mais aussi le statut que ce même objet profane s’attribue alors à lui-même ou se voit attribuer.
Ce double aspect de la réception du texte sacré est étudié à travers diverses productions culturelles, des plus directement liées à la source sacrée – comme les apocryphes, les traductions, l’exégèse et les enluminures –, aux plus indépendantes – comme la création littéraire –, en passant par celles qui, comme certaines sciences positives, doivent contourner le texte sacré, ou encore celles qui le détournent à des fins polémiques ou politiques.

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Mickaël RIBREAU Entre argumentation et polémique : l’emploi de la Bible dans le Contra Iulianum de saint Augustin 163

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Entre argumentation et polémique : l’emploi de la Bible dans le Contra Iulianum de saint Augustin Mickaël RIBREAU Université Paris-Sorbonne Institut d’Études Augustiniennes Boursier de la Fondation Thiers S’interroger sur la place de la Bible dans une œuvre d’Augustin est une entreprise qui ne se limite pas à un simple repérage d’allusions ou à l’interprétation d’un réseau de citations, dans la mesure où, pour Augustin, la Bible est moins un outil qu’un filtre d’analyse et de pensée. En effet, comme l’écrit Isabelle Bochet, « l’Écriture n’est pas seulement l’objet de l’interprétation d’Augustin, mais elle commande aussi son interprétation de l’existence. C’est à sa lumière qu’il interprète sa propre vie, qu’il s’interroge sur le sens de l’histoire1 ». La même analyse peut être faite au sujet du péché originel, notion au cœur du débat qui opposa Augustin aux membres du courant dit « pélagien2 », de Pélage à Julien d’Éclane. Ainsi peut-on prendre l’exemple du Contra Iulianum3, écrit en 1 I. BOCHET, « Le Firmament de l’écriture ». L’Herméneutique augustinienne, Paris, Institut d’Études Augustiniennes, 2004, p. 9. 2 Sur le pélagianisme, voir A. SOLIGNAC, « Pélage et le pélagianisme », dans Diction- naire de spiritualité, 12, Paris, Beauchesne, 1986, col. 2889-2942. Sur le problème que pose l’appellation de « pélagianisme » ou de « pélagien », voir J. LÖSSL, « Augustine, “Pelagianism”, Julian of Aeclanum and modern scholarship », Zeitschrift für antike Christentum, 11, 2007, p. 147-150. Cependant, pour...

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