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De l’Informe, du Difforme, du Conforme au théâtre

Sur la scène européenne, en Italie et en France

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Edited By Yannick Butel

En 2005, dans le tumulte du festival d’Avignon, croisant des créations malmenées par la presse et une partie des spectateurs, l’informe, le difforme et le conforme s’imposaient comme des ouvertures propres à répondre aux interrogations comme aux jugements des détracteurs du festival et de ses artistes (notamment Anatoli Vassiliev, Jan Fabre et Pascal Rambert, entre autres). S’il faut avouer, comme l’écrivit Jean-François Lyotard, que devant l’étrangeté de ces productions nous étions face à des « intrigues plastiques moins monnayables, racontables, signifiables », le rejet, la condamnation, le procès étaient-ils de mise ?
L’idée de parler de ces réactions vives, d’y consacrer un colloque et un temps de réflexion, s’est alors imposée. L’intention de revenir sur une pratique théâtrale qui rompt avec l’horizon d’attente du spectateur d’un « art bonasse » (comme l’écrit Alain Badiou) devait nous conduire à ce recueil de commentaires. Les chercheurs qui ont contribué à ce nouvel essai tentent d’analyser, de livrer des clés, de donner à réfléchir sur la réception de formes poétiques et esthétiques qui hantent la scène.

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Yannick Butel Préface IX

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Préface Le projet de parler de l’informe et du difforme est peut-être né il y a de cela quatre ans… Un été alors qu’occupant une loge de la Char- treuse de Villeneuve-lez-Avignon – à l’invitation de Jean-François Peyret – je travaillais avec lui en Avignon quelques jours, sous les charmilles, avant de rejoindre la salle du Tinel où il présentait Le Cas de Sophie K. C’était en 2005, et l’histoire du festival, cette année-là, s’enrichit d’un nouveau scandale qui, de manière inexplicable, nous épargnait. Cet été-là, nombre de metteurs en scène se virent reprocher leurs créations par la critique et une partie du public. Pas un ou presque ne fut épargné. De manière récurrente, la critique instruisit à charge, déplorant la disparition d’un théâtre populaire, reprochant aux uns l’hermétisme des projets présentés, accablant les autres en arguant de la fin de l’espace de communion que se doit d’être l’instant de la représentation théâtrale. Nombre d’artistes se virent mis au ban, accu- sés de délaisser les grands textes, de fondre diverses pratiques artis- tiques, d’avoir rendu l’acteur étranger à son métier et le metteur en scène d’avoir abandonné son rôle de passeur. Nombre d’entre eux étaient ainsi condamnés pour n’avoir pas respecté les règles d’un art qui devrait être épargné par ce qui fut considéré comme de la provoca- tion. Ici et là dans la cité des Papes,...

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