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De l’Informe, du Difforme, du Conforme au théâtre

Sur la scène européenne, en Italie et en France

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Edited By Yannick Butel

En 2005, dans le tumulte du festival d’Avignon, croisant des créations malmenées par la presse et une partie des spectateurs, l’informe, le difforme et le conforme s’imposaient comme des ouvertures propres à répondre aux interrogations comme aux jugements des détracteurs du festival et de ses artistes (notamment Anatoli Vassiliev, Jan Fabre et Pascal Rambert, entre autres). S’il faut avouer, comme l’écrivit Jean-François Lyotard, que devant l’étrangeté de ces productions nous étions face à des « intrigues plastiques moins monnayables, racontables, signifiables », le rejet, la condamnation, le procès étaient-ils de mise ?
L’idée de parler de ces réactions vives, d’y consacrer un colloque et un temps de réflexion, s’est alors imposée. L’intention de revenir sur une pratique théâtrale qui rompt avec l’horizon d’attente du spectateur d’un « art bonasse » (comme l’écrit Alain Badiou) devait nous conduire à ce recueil de commentaires. Les chercheurs qui ont contribué à ce nouvel essai tentent d’analyser, de livrer des clés, de donner à réfléchir sur la réception de formes poétiques et esthétiques qui hantent la scène.

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Léonor Delaunay Arlequin passe à l’offensive 3

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Arlequin passe à l’offensive Léonor DELAUNAY Lors des expériences théâtrales des années soixante-dix, on peut dis- tinguer, au cœur des divers dispositifs mis en œuvre pour la fabrique d’un art militant, la figure d’Arlequin, souvent accompagnée de ses frères de Commedia. Elle se trouve au centre des entreprises drama- turgiques en question et possède en outre la singularité d’être convo- quée sur la scène du 20ème siècle pour y figurer le prolétaire. Notre étude portera sur l’assimilation de la figure d’Arlequin à la classe ouvrière. Un détour par les origines du personnage, puis par sa résurgence sous le masque du politique dans les années soixante-dix et de l’apparition d’avatars se référant indifféremment aux carnavals, aux fêtes populaires, à Meyerhold et Maïakovski ou à Dario Fo, nous permettra en outre de proposer quelques pistes d’analyses sur l’irréductible résistance de l’ouvrier-de-théâtre aux traitements for- mels trop spectaculaires. ORIGINES MÉDIÉVALES ET CARNAVALESQUES En 1974, le théâtre du Soleil propose un spectacle à partir d’une Commedia Dell’Arte réinventée, L’âge d’or. Un an après, l’Aquarium présente également une œuvre collective construire à partir de la commedia: Et la morale, Arlequin? qui s’intégrait à un cabaret poli- tique interrogeant la notion de vol en système capitaliste1. Or les deux troupes, bien que dans des visées assez différentes, ont eu recours pour représenter la classe...

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