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De l’Informe, du Difforme, du Conforme au théâtre

Sur la scène européenne, en Italie et en France

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Edited By Yannick Butel

En 2005, dans le tumulte du festival d’Avignon, croisant des créations malmenées par la presse et une partie des spectateurs, l’informe, le difforme et le conforme s’imposaient comme des ouvertures propres à répondre aux interrogations comme aux jugements des détracteurs du festival et de ses artistes (notamment Anatoli Vassiliev, Jan Fabre et Pascal Rambert, entre autres). S’il faut avouer, comme l’écrivit Jean-François Lyotard, que devant l’étrangeté de ces productions nous étions face à des « intrigues plastiques moins monnayables, racontables, signifiables », le rejet, la condamnation, le procès étaient-ils de mise ?
L’idée de parler de ces réactions vives, d’y consacrer un colloque et un temps de réflexion, s’est alors imposée. L’intention de revenir sur une pratique théâtrale qui rompt avec l’horizon d’attente du spectateur d’un « art bonasse » (comme l’écrit Alain Badiou) devait nous conduire à ce recueil de commentaires. Les chercheurs qui ont contribué à ce nouvel essai tentent d’analyser, de livrer des clés, de donner à réfléchir sur la réception de formes poétiques et esthétiques qui hantent la scène.

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Marie-José TramutaSon nom d’Alberto Savinio De l’informe du nom au difforme du théâtre 35

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Son nom d’Alberto Savinio De l’informe du nom au difforme du théâtre Marie-José TRAMUTA Le difforme est l’envers du sublime. C’est l’autre côté. Victor Hugo, l’Homme qui rit. Mais parmi les chacals, les panthères, les lices, Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents, Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants, Dans la ménagerie infâme de nos vices, Il en est un plus laid, plus méchants, plus immonde C’est l’Ennui … Tu le connais lecteur, ce monstre délicat, … – Hypocrite lecteur, – mon semblable, – mon frère Charles Baudelaire, «Au Lecteur» (Les Fleurs du mal) Son nom fut écrit au sortir de la guerre, publié en juin 1945 et repré- senté à trois reprises au Piccolo Teatro de Vérone en 1948. Le titre évoquera peut-être un souvenir de lecture au lecteur attentif. En fait, le rappel est un «Your name» de conradienne mémoire. Cela a à voir avec Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad: dans ce livre merveil- leux et terrible qui a aussi, entre autre, inspiré un film mémorable, Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, le narrateur Marlow relate sa rencontre avec Kurtz dans un comptoir perdu d’Afrique au cœur des ténèbres, au cœur de l’horreur. C’est une descente aux enfers et Marlow assistera aux derniers instants de l’abominable Kurtz dont il subit autant la fascination qu’il en éprouve une répulsion bouleversée. Marie-José Tramuta 36 Il est impossible de résumer le r...

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