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Raymond Aron et l’Europe

Itinéraire d’un Européen dans le siècle

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Olivier de Lapparent

L’engagement européen de Raymond Aron est méconnu. Au mieux, on entrevoit qu’il rejette dos à dos Monnet et De Gaulle, preuve de son euroscepticisme supposé. Au pire, on le considère comme le chantre d’un atlantisme forcené où l’Europe est assujettie aux Etats-Unis. La question ne se règle pas aussi facilement. Il s’agit d’étudier l’itinéraire européen d’Aron tout au long de ses actions de militant et de ses écrits, dès ses premiers articles au début des années trente jusqu’à ses derniers éditoriaux en octobre 1983. Comment a-t-il pensé l’Europe à travers ses livres, articles, cours et conférences ? Quel Européen se bat pour quelle forme d’Europe ? Croit-il en une identité européenne spécifique ?
En abordant des thèmes récurrents dans les travaux d’Aron, comme le devoir de responsabilité de l’intellectuel, la question du déterminisme historique, la dénonciation de l’idéologie et de ses dangers, la lutte contre le totalitarisme, l’analyse des relations internationales et la problématique de l’hypothétique crise ou décadence de la civilisation occidentale, ce livre a pour ambition d’éclairer par un prisme original – l’Europe – la figure d’un des plus grands intellectuels français du XX e siècle.

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Préface XI

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II de 1997 et le livre qui en est le produit font une première synthèse de toutes ces recherches5. Le présent ouvrage d’Olivier de Lapparent prolonge et enrichit consi- dérablement le mémoire qu’il avait rédigé en 1997. Les difficultés méthodologiques, on le devine, ne sont pas minces. Raymond Aron a beaucoup écrit sur de nombreux sujets. Il n’est pas trop difficile de repérer ses réflexions et prises de position sur l’Europe, mais mesurer leur poids dans l’ensemble de sa pensée et de ses orientations n’est pas une tâche aisée. N’y a -t-il pas un risque d’effet de loupe grossissante, de survalorisation de son engagement européen par rapport à ses autres engagements? La même question de méthode se pose aussi pour les autres intellectuels. Chez ceux qui prennent parti pour l’unité de l’Europe, cette «cause» n’est pas néces- sairement constante dans leur vie ni, lorsqu’ils l’embrassent, forcé- ment prioritaire par rapport à d’autres combats politiques menés au même moment. Une seconde difficulté se présente pour Raymond Aron. Son engagement suit un modèle si particulier, si opposé à celui de Sartre qu’il n’est pas toujours perceptible. Pessimiste, refusant les «enthousiasmes d’un jour» ou les emportements des «belles âmes», il privilégie la raison sur les passions et les émotions. Dans son person- nage de «spectateur engagé», il a plus souvent une posture de «specta- teur» que d’homme «engagé». De fait, il se r...

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