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Raymond Aron et l’Europe

Itinéraire d’un Européen dans le siècle

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Olivier de Lapparent

L’engagement européen de Raymond Aron est méconnu. Au mieux, on entrevoit qu’il rejette dos à dos Monnet et De Gaulle, preuve de son euroscepticisme supposé. Au pire, on le considère comme le chantre d’un atlantisme forcené où l’Europe est assujettie aux Etats-Unis. La question ne se règle pas aussi facilement. Il s’agit d’étudier l’itinéraire européen d’Aron tout au long de ses actions de militant et de ses écrits, dès ses premiers articles au début des années trente jusqu’à ses derniers éditoriaux en octobre 1983. Comment a-t-il pensé l’Europe à travers ses livres, articles, cours et conférences ? Quel Européen se bat pour quelle forme d’Europe ? Croit-il en une identité européenne spécifique ?
En abordant des thèmes récurrents dans les travaux d’Aron, comme le devoir de responsabilité de l’intellectuel, la question du déterminisme historique, la dénonciation de l’idéologie et de ses dangers, la lutte contre le totalitarisme, l’analyse des relations internationales et la problématique de l’hypothétique crise ou décadence de la civilisation occidentale, ce livre a pour ambition d’éclairer par un prisme original – l’Europe – la figure d’un des plus grands intellectuels français du XX e siècle.

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Chapitre VII Europe autonome ou Europe décadente? 95

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Chapitre VII Europe autonome ou Europe décadente? Les rencontres entre Nixon et Brejnev marquent le passage de la con- frontation américano-soviétique des années 1947-1971, c’est-à-dire un accord implicite contre la guerre avec l’équilibre de la terreur, à un accord explicite contre le risque de guerre. Cet accord permet une coopération économique mais ne doit pas faire oublier, selon Aron, une rivalité toujours latente. Face à cette nouvelle donne des relations internationales, l’Europe doit savoir réagir avec intelligence: Faut-il se tourner résolument vers l’Est sans plus aucune méfiance vis-à-vis du monde communiste? Faut-il se détourner de l’Alliance atlantique? L’Europe pâtira-t-elle de cette relative pacification? Peu importent les intentions à court ou à long terme des dirigeants soviétiques d’aujourd’hui ou de demain: c’est aux Européens à décider de leur avenir et à démontrer qu’ils peuvent résister sans se renier, à une paix proclamée qui laisse côte à côte, deux mondes malgré tout fondés sur des principes tout autres.1 La maîtrise des armements est le signe le plus visible de la détente entre les superpuissances. Il serait dangereux d’en déduire que les antagonismes idéologiques ont disparu et que la politique de puissance appartient au passé. Doit-on constater que les pragmatismes et l’esprit de conciliation prévalent dorénavant dans la conduite des affaires étrangères soviétiques et qu’on assiste chez les deux Grands à un essai commun et concerté de gérer l’héritage de...

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